Mystrâs, lueurs des derniers Paléologues - deuxième volet

 

 Mystrâs, lueurs des derniers Paléologues

Deuxième volet: La salle du Trône

Structure, fonction, exposition: "Reflets d'un glorieux apparat"


Texte et photos © Ioannis Kallianiotis, sauf indication contraire.


                                                                La salle du Trône


La salle du trône se déploie au plus haut niveau de l'aile west Paléologienne du Palais.

Ici le Déspôte ou l'Empereur lui-même - s'il se trouve à Mystrâs -  mène sa politique avec les hauts fonctionnaires et ses conseillers, selon le cérémonial et le protocole établis.

Il recoit également en audience des dignitaires et des missions diplomatiques.
La salle accueille d'autres cérémonies publiques ou banquets au cours de célébrations officielles et d'anniversaires avec de la musique et éventuellement de la dance.




Ses dimensions monumentales, sa decoration et son ameublement refletait l'aura de la cour Impériale de Constantinople.




L'aigle bicéphale, symbole de la dynastie Paléologienne, rapelle la présence Souveraine et l'idée Impériale


"Le Déspôte, petit fils et fils des Rois, parvenu à nous comme Maître des lieux, délaissant Constantinople, sa patrie"




Au milieu du mur sud de la salle du Trône, se forme une niche, semi circulaire à l'intérieur et semi éxagonale de l' exterieur, destinée à recevoir le trône.

 Cette niche évoque un lieu de culte et rapelle l'idéologie politique chrétienne.





Les surfaces des murs du Triklinion (salle du Trône), comme tous les murs du palais étaient couverts de revêtements qui subsistent encore de facon fragmentaire.

 La demi-coupole de la niche était probablement ornée de l'image du Christ en majesté et plus haut été placé, l'aigle bicéphale, symbole de la Dynastie.

Motifs végetaux et géometriques ornaient probablement les murs



Décorations asteroides de l'église de Pandânassa, semblables aux survivances des intrados des baies des fenêtres du Palais


Reconstitution des décorations asteroides. 

Dessin: N. Yannes, rendition chromatique: G. Manessiotis




Miniature du manuscrit enluminé du14eme siècle se trouvant à Venise

Le Trône de l'Empereur était selon les descriptions et les images, parvenus jusqu'à nous,
de bois doré à la feuille, incrusté de pierres précieuses




Le choix de sa reconstitution actuelle est judicieux: juste une ésquisse de ce...

"qu'il convenait qu'ils aient, de ce qu'il était absolument juste qu'ils aient" 

C.P.Cavafy: " Faites de verre de couleur"

(Poème narrant le couronnement de Ioannis Cantacuzène et d'Irène Assan, 
où les pierres de leurs couronnes étaient en verre de couleur)


Reflets d'un glorieux apparat


La salle du trône abrite depuis l'inauguration de Mai 2026 l'exposition "Reflets d'un glorieux apparât"

Il s'agit de 19 tenues inspirées d'habits Byzantins, fabriquées par des mains pieuses.

Ceux des Soeurs Agnès et Elisabeth, deux des quatre nonnes du Monastère de Pandânassa adjacent.

Moi-même j'étais alerté au sujet de cette exposition par l'article de la journaliste Margarita Pournâra au magazine du dimanche du journal "Kathimerini", donc je trouve juste que son article précède mon reportage. Il peut être lu, au lien suivant, à l'aide d'une des applications de traduction.

Οι μοναχές που «έντυσαν» ξανά τον Μυστρά | Η ΚΑΘΗΜΕΡΙΝΗ


En faite pendant la pandémie de 2021, l'idée est venue à ces nonnes pieuses de faire un cadeau à ce lieu de mémoire des Byzantins en reproduisant leurs tenues parvenus à nous par des icônes et autres fresques, décrites dans des textes et etudiées par des érudits universitaires ou des costumiers et modistes.

Leurs connaissances de couture étaient inexistantes, comme les moyens de se procurer les étoffes luxueuses et autres matières requises. Seules existaient leur volonté inembranlable et leur habileté supérieure quant aux broderies.

Leur recherches les ont connectées à plusieures universités en Grèce comme à l'étranger. Leur projet était endossé par les autorités archéologiques et très vite encouragé par l'ancienne Présidente de la République Hellénique, Mme Sakellaropoulou, comme par la Ministre, Mme Mendôni.

Puis, l'Hégoumène (Mère Supérieure) du Monastère a bien voulu donner sa permission, afin que l'une des Soeurs puisse liquider sa fortune personnelle pour financer cet exploit.

Les lumières finales étaient données par la cheffe costumière de l'Opéra National de Grèce, s'assurant du tombé des étoffes et de la tournure des habits.

Le résultat de leur travail de cinq années, un travail personnel et persévérant, sont 22 tenues, dont 19 sont exposées depuis Mai 2026 dans la salle du Trône.

Vous jugerez du résultat, vous-mêmes.



Exposition : Reflets d'un glorieux apparat



Rendu contemporain d'un costume féminin Byzantin
inspiré d'une représentation de donatrice anonyme de cette époque



Rendu contemporain d'un costume féminin Byzantin
inspiré d'une représentation de donatrice anonyme en l'église d'Hodégétria



Rendu contemporain d'un costume féminin Byzantin
inspiré par la répresentation de la donatrice Kali Kavasaléa à l'église de Ai-Yannaki (St Jean) à Mystrâs



Rendu contemporain d'un costume féminin Byzantin de noble dame
Inspiré de trouvailles archéologiques en l'église de St Sophie, Mystrâs



Rendu contemporain de costume féminin de donatrice anonyme
représentée en l'église de St Nicolas au Exo Nyphi de Basse Mâni 
Inclu en cette exposition comme signe avant coureur de costume Occidental

Les modes occidentales d'habillement sont introduites à Mystrâs par les nobles épouses des Déspôtes et leur entourages, dont:

Isabelle de Lusignan, issue de la Maison qui regnait sur Chypre et la Cilicie (Petite Arménie) en Asie Mineure, épouse de Manouil Cantacuzène. 

Bartholoméa Acciajuoli, fille ainée de Nério Acciajuoli, souverain d'Athènes, épouse de Théodore I Paléologue.

Cléofa Malatésta, issue de la famille souveraine de Rimini, épouse de Théodore II Paléologue.
Le modèle d'une de ses robes est exposé au petit musée adjacent à l'église St Démétrios.



                        Rendu contemporain d'habit d'homme, inspiré d'une représentation Byzantine



Rendu contemporain d'un costume féminin Byzantin 
de donatrice anonyme représentée au Monastère de Perîvleptos, Mystrâs



Rendu contemporain de l'habit du Déspôte Thomas Paléologue, inspiré du fresco de Pinturicchio
"Le Pape Pius II arrive à Ancone, afin de commencer la Croisade"



Thomas Paléologue le frère de l'Empereur Constantin et le Doge de Venise devant le Pape.





Rendu contemporain de la tenue de Cléofa Malatésta, épouse du Déspôte Théodore II Paléologue

Inspiré de la tenue Byzantine de la "Vasîlissa" (Reine) d'Epire, Marie Angelina Comnène Dukaina Paléologina, épouse du Déspôte de Ioannina Thomas Preljubovic.
Son portrait se trouve au diptyche de Cuenca en Espagne où elle est représentée en tenue Byzantine




Rendu contemporain d'habit d'homme, inspiré de représentation Byzantine
du Skoutérios Kaniôtis en l'église de Hodégétria, Mystrâs.
(Skoutérios: le porteur de l'emblème et du bouclier de l'Empereur)



Rendu contemporain d'habit de femme, inspiré de représentation Byzantine
de l'épouse du Skoutérios Kaniôtis en l'église de Hodégétria, Mystrâs.



Rendu contemporain inspiré de représentation Byzantine
du notable Manouil Paléologue en l'église des Saints Théodores, Mystrâs



Rendu contemporain d'habit d'homme 
inspiré par représentation Byzantine de Théodore 1er Paléologue (1381-1407)
en l'église Hodégetria à Mystrâs





Rendu contemporain d'habit d'homme, d'après la représentation Byzantine


de Pléthon Gémistos (philosophe Byzantin reputé)



Rendu contemporain d'habit d'homme inspiré par la représentation Byzantine 
du notable Manouil Lâscaris Hatzîkis au Monastère Pandânassa à Mystrâs



Rendu contemporain d'habit d'homme, inspiré de représentation d'époque Renaissance
de l'Empereur Ioannis VIII Paléologue (1425-1448)


L'Empereur Ioannis VIII en Balthazar dans la Capella dei Magi au Palazzo Medici-Ricardi, Florence 
par Benozzo Gozzoli



Détails



Rendu contemporain d'habit d'Empereur, inspiré de la représentation Byzantine 
de l'Empereur Manouil II Paléologue (1391-1425)



Rendu contemporain d'habit d'Impératrice, inspiré de la représentation Byzantine
d'Hélène Dragâssi, épouse de l'Empereur Manouil II, Paléologue




  

Détails



L'Impératrice Hélène Dragâssi (fille du souverain Serbe Constantin Dragas Yovanovic) a joué un rôle décisif sur la proclamation de son fils 
Constantin XI Paléologue comme dernier Empereur de Byzance 1449-1453.

Depuis le décès de son époux en 1425, elle s'est retirée au Monastère de Ste Marthe,
 prenant le nom Hypomoné (patience en Grec)

 Après le décès de son fils l'Empereur Ioannis VIII, elle a assumé la Régence entre 1448 et 1449.
Elle est décédée en 1450. Venerée comme Sainte par l'Eglise Orthodoxe.



Sainte Hypomoné, Monastère de St Patâpios, Loutraki, Grèce



Rendu contemporain d'habit d'Empereur inspiré de la représentation Byzantine 
de l'Empereur Constantin XI Paléologue




Éblouis, on sort vers un paysage




non moins glorieux


Dans le troisième volet, on visite la ville basse, St Demétrios, Pandânassa, Perîvleptos


Texte et photos © Ioannis Kallianiotis, sauf indication contraire.


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