Destination
Musée Gréco-Romain d’Alexandrie
Photos et texte © Iannis Kallianiotis
ΜΟΥΣΕΙΟΝ (... Regarde... c’est écrit en Grec...)
Le Musée Greco-Romain d'Alexandrie en 1985
Une des belles Alexandrines au bois dormant des années 1960-1970. Enfants on passait devant en voisins, juste pour lire l’inscription.
C’était l’époque où la communauté grecque déclinait, irrémediablement d’ailleurs, et tardaient encore les nombreuses fouilles à mener en ville.Tzâllas et Empereur n’avaient pas encore plongé dans ses eaux pour récupérer des témoignages de son passé Ptolemaic.
Seule la voix du poète C.P.Cavafy, depuis l'appartement de la rue Lépsius (vide depuis son décès en 1933), insistait et narrait le passé hellénistique en partie paien et en partie chrétien de cette ville, de Syrie, de Pentâpolis en Libye et bien d'autres.
Pourtant, les mythes et leur échos se murmuraient toujours... En passant en voiture, devant la mosquée Attarine, en route vers la Cathédrale Orthodoxe de l'Annonciation, père racontait des bribes des aventures de Komoutsos, le garcon de café Grec, qui un jour devint explorateur et aspira à retrouver le Corps d’Alexandre le Grand (Sôma), aux alentours de la mosquée Nabi Daniel. Le ton était enjoué, avec un sous entendu plutôt admiratif...
De ces choses là et bien d’autres encore, sont nouris les mythes, tellement en armonie avec les enseignements de nos professeurs au Lycée Grec Averoff.
Après tout, on vit dans une ville, construite principalement après les bombardements britanniques de 1882, entourés d'immeubles de style majoritairement néoclassique. Bien au dessous de leurs fondations tout un monde de vestiges héllenistiques attend patiemment d'etre mis à jour, et d'etre exposé un jour au sein d'un Musée digne de la demeure des Muses que fut l'antique ΜΟΥΣΕΙΟΝ.

La Rue Nabi Daniel, devenue piétonne en 2023

Le climat est agréable, la mer et sa brise n'est jamais loin..., enfin, la légèreté et la beauté ne sont pas un péché...De ma dernière visite en ce musée, étant encore enfant, j’ai un souvenir de vitrines poussiéreuses et d’exposés plutôt indifférents.
La rénovation dura de nombreuses années, les attentes concernant le résultat n’étaient pas très élevées...
Et pourtant, les fourmis industrieuses, archéologues, muséologues, architectes, bâtisseurs, nous ont brillamment prouvé le contraire !
Approchant le Musée depuis le début de la rue Fouad vers 9 heures du matin, une vaste bâtisse lumineuse aparrait à droite...

Au lieu et à la place du trou désolant laissé par l'incendie et la démolition du Gouvernorat d'Alexandrie en 2011, une place fraîchement pavée, semée de plantes en pots d'argile. Des bases métalliques permettent l'installation de grands auvents créant de l'ombre.


La couleur ocre domine. Les hôtels particuliers et immeubles de rapport des années 1900, qui entourent le musée, sont peints de même. Le Quartier Grec brille...tout-ocre!
A l'okélla Menasce, les rajouts ulterieurs à 1924, date de sa construction, ont été supprimés, les enseignes des magasins adaptées à la morphologie du bâtiment, les deux entrées rénovées.
L’okélla Menasce en face du Musée
L’entrée du Musée regarde la petite place dite "Des cinq réverbères"
Le hall d’entrée du musée est pavé de marbre, les billets sont électroniques. Leur prix est de 40 livres égyptiennes pour le public égyptien et gratuit pour les Égyptiens de plus de 60 ans, sauf les samedis et dimanches. Pour les autres nationalités, 300 livres. Pas d'achat de billets en éspèces, uniquement avec carte bancaire de crédit ou de débit.
L’inauguration du musée rénové a eu lieu le 12/10/2023, après 18 ans de travaux.
Cette première visite a eu lieu à la fin du même mois. Puis une nouvelle visite le 26/10/2024, a permis que le texte soit mis à jour, incluant photos et descriptions supplémentaires ajoutées par le Musée au cours de l’année écoulée.
À part quelques remarques personnelles, toutes les informations fournies dans cet article sont la traduction des informations du Musée par l’amateur Alexandrin soussigné.
La présentation commence avec les souverains d’Égypte juste avant Alexandre le Grand
30e dynastie, Nektanebo 1er (380-362 av. J.-C.) / Baie d’Aboukir / Granite
Le pyramidion se trouve aujourd’hui au Louvre


Les deux stèles de Naucratis et d’Héraklion-Thonis
Règne de Nektanebo 1er (380-362 av. J.-C.) / Naucratis/Héraklion-Thonis/Basalte noir
Ces deux stèles identiques se trouvaient sur les deux rives de la branche Canopique du Nil, qui reliait la ville de Naucratis au port d’Héraklion-Thonis. Elles datent du règne du roi Nektanebo Ier . Un siècle sépare la découverte de chaqune.
Dans le texte gravé, 14 colonnes consignent un décret royal, attribuant le 10 % des taxes sur marchandises passant par le port d’Héraklion-Thonis, ainsi que sur des transactions similaires et productions locales de Naucratis, au sanctuaire de la déesse Neith (analogue à la déesse Athéna), à Sais (Sa El Hagar).
Le décret attribue aux deux villes l’épithète du port « Per-Meryt ». Ces impôts étaient collectés par les Gardiens des Portes des pays étrangers du Grand Vert (mer Méditerranée), qui travaillaient pour l’État égyptien.
La ville de Naucratis a été fondée par Psammétichus 1er (664-610 av. J.-C.) pour les marchands et mercenaires Grecs. Elle fut un important centre industriel et commercial du VIIe siècle av. J.-C. au VIIe siècle apr. J.-C., appelé « Emporium ».
Les produits de Naucratis combinaient traditions grecques et égyptiennes. De nombreux temples y étaient dédiés à des dieux grecs tels qu’Apollon et Aphrodite, et depuis l’époque d’Amasis II, à l’ensemble du panthéon appelé Hellénion.
Les ateliers produisaient des scarabées, des objets en albâtre ou fayence destinés à l’exportation vers le monde grec. Les commercants grecs accompagnaient leur transactions de récits sur la magnificence des temples égyptiens, leurs coutûmes cultuelles et les croyances sur l’au-delà.
L’Institut Européen d’Achéologie Sous-Marine a découvert la ville portuaire d’Héraklion-Thonis à 5,5 km de la côte égyptienne, 8 mètres sous mer. La ville s’étend sur plus d’un kilomètre carré à l’embouchure de l’ancienne branche Canopique du Nil.
La ville prospéra principalement du VIIe au milieu du IIe siècle av. J.-C., avec un petit sursaut avant la période byzantine. Elle a dû complètement disparaitre à la fin du VIIIe siècle après J.-C.
Les découvertes archéologiques, ainsi que de nombreux navires coulés devant les quais du port, démontrent les activités commerciales avec le monde grec.
Parmi les découvertes figure un temple en l’honneur d’Amon-Gereb, l’une des figures du dieu égyptien Amon, l’équivalent égyptien de Zeus. Egalement de nombreuses statues colossales d’Amon et de Hapi (dieu-Nil), de style égyptien.

L’Égypte et le monde Grec avant Alexandre le Grand
À toutes les phases historiques, la Méditerranée fut un lieu de rencontre pour les peuples qui vivaient sur ses côtes. Les Crétois étaient des marins et marchands expérimentés. Leurs envoyés sont représentés offrant des cadeaux aux rois égyptiens dans les fresques de Rah-mi-Ra et Shen-mut à l’époque du Nouvel Empire.
Dans ses épopées, Homère insiste sur la richesse de l’Égypte et la magnificence des « Cent-Portes » de Thèbes. Le poète mentionne également Cânopos (Aboukir) et l’île de Phâros, où les navires étaient approvisionnés en vivres et en eau.
Au VIIIe siècle av. J.-C., les Grecs avaient suffisamment développé la conception de leurs navires pour naviguer directement vers l’Égypte et renforcer les contacts commerciaux et culturels, ce qui a entraîné l’introduction de nombreux éléments égyptiens dans l’architecture, l’art et la religion grecs.
Le roi Psammétichus, en réponse aux oracles des prêtres Butto sur les « guerriers armés de bronze », utilisa de nombreux mercenaires grecs pour contourner des princes rivaux dans le Délta.
Il fonda la ville de Naucratis (aujourd’hui Kom Geif, préfecture El Baroud), pour loger les marchands, artisans et mercenaires grecs.
De nombreux Grecs se sont installés à Memphis, où des vestiges archéologiques témoignent de leur appréciation et de leur interaction avec la culture égyptienne.
Des philosophes et historiens Grecs connus, tels qu’Hérodote, vinrent également en Égypte pour étudier et apprendre.
Les soulèvements Egyptiens contre l’occupation Perse furent synchronisés avec les défaites Perses en Grèce. Une synergie entre l’Égypte et l’alliance de Délos sous le commandement d’Athènes eut lieu en 463 av. J.-C., aboutissant à une expédition militaire en Égypte en 454 av. J.-C., qui fut vaincue par les Perses.
Le nombre de météques grecs en Égypte augmenta et le culte d’Isis et d’Osiris atteignit Athènes au Ve siècle av. J.-C.
Lorsque les Perses envahirent à nouveau l’Égypte en 343 av. J.-C., l’armée égyptienne était commandée par des officiers grecs. Cette occupation Perse fut de courte duréee (11 ans). L’arrivée d’Alexandre le Grand en 332 av. J.-C., inaugura une nouvelle ère.
Pierre tombale avec une femme et son assistante
Ce relief funéraire de style attique pur, a probablement été apporté à Alexandrie par l’un des premiers métèques grecs, ou commandé par un Grec vivant à Canopus, Heraklion-Thônis ou Rakôtis avant l’arrivée d’Alexandre le Grand.
Il se trouvait à côté de l’Eptastadion (la bande de terre remblayée qui reliait l’îlot de Phâros à la côte), ou légèrement plus à l’est. L’érosion marine est évidente.
Il représente une femme assise sur un siège élégant, tandis que son assistante, debout, lui tend une boîte contenant des bijoux ou des parfums.
Alexandres - bâtisseurs « Fondateurs de la ville »
Trois statues representent Alexandre le Grand en « Égiochos », portant l’égide de Zeus.
Ce type de statue est l’œuvre de Lysippe et commémore la fondation d’Alexandrie.
La copie que nous présentons ici montre que l’extension de la main droite tient une lance, symbolisant la manière dont le guerrier macédonien a conquis la terre.
Période ptolémaïque (IIIe-IIe siècle av. J.-C.), Alexandrie / Marbre et calcaire
Le sol en mosaïque « du chasseur »
Ce sol en mosaïque a été trouvé dans l’ antique quartier royal d’Alexandrie (qui se trouve en partie sous l’actuel Quartier Grec).
Partie du centre du mosaique, de l’« emblème », représente un chasseur, le reste de la scène manque. L’emblème est entouré d’un cadre représentant des animaux, des griffons et des tigres.
Ce sol devait orner l’une des grandes résidences luxueuses de la toute premiere ville, peut-être celle d’un Macédonien de première génération à Alexandrie.
Une technique avec des cailloux et de grandes tesselles (opus tesselatum) ainsi que des bandes de plomb a été utilisée.
Période macédonienne (320-300 av. J.-C.) / rue Champollion, Alexandrie
Galets, tesseles de marbre, bandes de plomb.
Immédiatement après, nous nous retrouvons devant le Chef de guerre en personne !
Nous sommes accueillis par trois têtes d’Alexandre
La première, en granit rouge, est considérée de style Alexandrin, combinant le matériau local, incrusté de yeux en verre.
La seconde en marbre a été trouvée à l’intersection des rues Fouad et Ptolemées actuelles, dans le Quartier Royal antique, dont fait partie l'actuel Quartier Grec.
La troisième montre Alexandre portant un couvre chef en peau d’éléphant. Elle est considérée comme une copie romaine d’une œuvre de Lysippe, en mémoire de la victoire d’Alexandre à la rivière Hydaspis (326 av. J.-C.), sur Pôrus et sa horde d’éléphants. Elle a été pechée à Aboukir.
Plus loin, on voit la statue de marbre d’Alexandre trouvée récemment (2009) aux fouilles des jardins de Shallalat menées par l’ archéologue Mme Calliope Papacosta. Du type du sculpteur Lysippe, il représente Alexandre jeune, portant deux diadèmes dans les cheveux et a été trouvé en dix mètres de profondeur.
Il est placé devant la statue de culte de Ptolémée XII (55 av. J.-C), qui a été trouvée dans son temple à Fayoum. Sur le piédestal de ce dernier, aujourd’hui perdu, il était nommé en grec comme le nouveau dieu Dionysos, Philopâtor et Philadèlphe, inauguré le 15 avril 55 av. J.-C.
La hauteur de la statue faite de marbre de Pâros est de 80 cm de la tête au genou.
Le débat sur l’identité du Roi representé est toujours en cours...
comme demontré par la plaque du Musée
Une statue d’un Roi Ptolémaique
Cette statue très élaborée, répresente un Roi en posture héroique, dont le nom est encore sujet de débat, mais le diadème est un signe clair de royauté. Il est suggeré que la statue faisait partie d'un groupe, comme elle effectue un mouvement violent vers sa gauche, avec son arme, partie duquel on voit sur sa main droite. Des chercheurs attribuent cette statue à Alexandre le Grand.
Période Ptolémaique 2ème siècle av. J.C./Jardins de Shallalat/Alexandrie
Ici vous pouvez regarder un documentaire de National Geographic sur les fouilles de Mme Papacosta.
Derrière Philopator et Philadèlphe se termine la dynastie ptolémaïque
Au centre, tête de Marc Antoine de taille imposante

À sa droite, un complexe sculptural qui représente probablement ses jumeaux avec Cléopâtre, Alexandre Hélios et Cléopâtre Sélîni. Le petit garçon porte le disque solaire en diadème, la petite fille le disque de la lune. Un serpent à leurs pieds, probablement un signe de protéction.
La petite fille eut plus de chance quand vint le moment de la défaite, du crime et du suicide. Elle fut adoptée par l’ex-femme de Marc Antoine, Octavie, et donnée en mariage à Juba II, roi de Numidie (Algérie occidentale).
Cléopâtre VII
Le Musée Gréco-Romain d’Alexandrie est fier de conserver le seul portrait sculptural de la reine Cléopâtre VII et de son père Ptolémée, le Joueur de Flûte.
Un premier diadème dans sa coiffure est semé de cobras, tandis qu’un second apparaît fixé sur son front, avec un autre cobra. Elle est la souveraine d’Égypte.
(Calcaire, trouvé dans le quartier de Mazarita à Alexandrie)
Piédestal de statue de Marc Antoine
Ce piédestal appartenait a une statue de Marc Antoine, dédiée par Parasitus, son ami et compagnon de tablées et banquets.
L’inscription décrit Antoine comme une personne incomparable dans la vie et l’amour. Il a été rapporté qu’il était proche d’un groupe religieux d’amants menant un mode de vie inimitable.
D’après les empreintes des plantes des pieds au piédestal, on déduit que la statue perdue représentait Antoine en forme héroïque.
Période ptolémaïque (34-33 av. J.-C.) / près du temple de Césarée, station de Raml, Alexandrie / Basalte Noir.
Cléopâtre et Marc Antoine
Cléopâtre VII (69-30 av. J.-C.) était la fille du roi Ptolémée XII, probablement issue d’une mère égyptienne appartenant à une famille de prêtres de Memphis. Elle a été formée par le directeur du Musée (MOUSEION) d'Alexandrie et maîtrisait plusieurs langues.
Bien qu’elle n' etait pas extrêmement belle, elle avait une présence forte et une élocution gracieuse.
Son père, un roi faible, fut renversé par sa fille Bérénice IV.
Lui et Cléopâtre s’enfuirent à Rome et grâce à un énorme pot-de-vin, les Romains les rétablirent sur le trône.
Après la mort de son père, Cléopâtre régna avec son frère Ptolémée XIII, mais des conflits la forcèrent à fuir vers l’est de l’Égypte.
Pendant cette période, Jules César vainquit son rival Pompée lors d’une guerre civile romaine. Pompée s’enfuit en Égypte et fut assassiné par un officier ptolémaïque pour éviter la colère de César.
César arriva à Alexandrie et rencontra Cléopâtre. Ils eurent un fils ensemble, Césarion. Après l’assassinat de César en 44 av. J.-C., Cléopâtre revint de Rome à Alexandrie et attendit.
À mesure que Rome se stabilisait, Octavien et Marc Antoine émergèrent comme les leaders.
Antoine partit vers l’Est, rencontra Cléopâtre, tomba amoureux et se maria avec elle. Ils eurent deux enfants. Antoine accorda à Cléopâtre et à ses enfants l’administration des royaumes d’Orient, faisant d’elle la reine et la mère des rois.
La confrontation avec Octavien devint inéluctable, se soldant par une défaite de Marc Antoine à Aktion, au Nord de la Grèce.
Une armée romaine arriva à Marsa Matrouh à l'ouest d'Alexandrie et là, Antoine fut de nouveau vaincu.
Il resta isolé à Alexandrie et se suicida.
Lorsque Octavien arriva à Alexandrie, Cléopâtre préféra la mort d'une honteuse parade de prisonnière à Rome, et l’Égypte devint une province romaine en 30 av. J.-C.
La découverte de la tête colossale de Marc Antoine exposée ci-dessus
Bérénice II
Sol en mosaïque représentant Bérénice II
Il a été découvert en 1918, dans la ville provinciale de Timai (ancienne Thmuis) et est considéré comme une copie d'un sol du Quartier Royal d’Alexandrie.
Signée par Sôphilos, il est consideré comme un portrait fidèle de la Reine (belle, mais connue pour son exophtalmie). Il s’agit d’une allégorie de la puissance navale des Ptolémées.
La Reine est représentée comme une guerrière. Son diadème est en forme de trirème et son chlamys macédonien est maintenu sur l’épaule, par une boucle en forme d’ancre. Elle tient un bouclier passé par-dessus son épaule et dans sa main gauche un sceptre. L’artiste a représenté des dauphins et des hippocampes ainsi que le caducée d’Hermès, une protection recherchée sur terre et en mer.
La reine est sous l’influence d’Aphrodite, faisant écho aux vers du poète de cour Callimâque. Alors que son mari et roi est absent à la 3e guerre syrienne (246-241 av. J.-C.) et qu’elle exerce le pouvoir, elle coupe et dépose les tentacules de ses cheveux dans le sanctuaire d’Aphrodite.
La déesse admirative, les cloua au firmament. Ils sont connus depuis comme "la chevelure de Bérénice".
Née membre de la dynastie ptolémaïque, Bérénice navigua dans la politique par des mariages royaux succéssifs. Elle atteignit son objectif en 245 av. J.-C. avec Ptolémée III.
Elle exerça la régence lors de ses campagnes en Syrie et en Asie Mineure. Des statues et des pièces de monnaie portaient son nom. Ils eurent quatre enfants.
Son fils Ptolémée IV, l’a tuée avec du poison dès qu’il monta sur le trône.
Les reines ptolémaïques sont souvent représentées habillées en Isis et coiffées à la Bérénice, comme ici.
À d’autres occasions, une statue pharaonique plus ancienne est choisie, ici représentant une reine de la XVIIIe dynastie, et elle est réutilisée pour représenter Cléopâtre II, sœur et épouse des Ptolémées VI et VII.
La statue se dressait à côté de celle de Ptolémée VI, confirmant leur pouvoir, après la répression de la grande révolte thébaine en 186 av. J.-C. et l’exil des deux rois égyptiens Charonophry et Saonnophry.
Tête de Ptolémée IV, Philopâtor
La tête colossale couronnée, donne une idée des statues des souverains ptolémaïques en tant que pharaons, à travers l’imitation de la monumentale représentation officielle de l’Égypte antique.
Les influences grecques se retrouvent dans l’élaboration de la coiffure naturaliste sous le Nèmès, un style inconnu des Égyptiens à l’époque dynastique.
Période ptolémaïque (221-180 av. J.-C.) / Aboukir ?, Alexandrie / Granite rouge
Dans une vitrine de taille moyenne, cettes petites têtes attendent leurs plaques
Des petites têtes d’Alexandre le Grand. Au milieu, probablement Phlippe II.
Petites têtes d’Alexandre le Grand
Ce musée possède la collection la plus prestigieuse de têtes d’Alexandre le Grand au monde. Alexandre fut déifié et vénéré. Ptolémée 1er, fonda le culte d’Alexandre et nomma son propre frère Ménélas comme premier prêtre. Le titre est encore attesté, du moins jusqu’au règne d’Hadrien (117-138 ap. J.-C.)
Ces têtes faisaient principalement partie de statues en bois provenant des temples d'Alexandre, ou des temples du culte royal, en tant que dieu participant.
Les matériaux bon marché comme l’argile témoignent de la popularité du culte.
Période ptolémaïque (3-1 av. J.-C.)/ Alexandrie et autres lieux / Marbre, calcaire, terre cuite.
Mon attention est attirée par ce buste magnifique aux traits africains marqués.
Il est fait de marbre de Pâros, dans une posturee héroique, la coiffure et la barbe indiquant des origines libyens. On pense que ce buste honorifique ornait un théâtre, un gymnase ou une agora.
Ici, on a de nouveau le sentiment de la « présence » constante du poète C.P.Cavafy, sous la forme d’un guide invisible.
On arrive ensuite devant la grande troupe des « Tanagras »
Sont-elles en pèlerinage devant un sanctuaire invisible, ou sommes-nous les pèlerins devant tant de grâce ?
Tanagras
On appelle ainsi ces statuettes faites d’argile spéciale cuite dans des fours de précision et peintes avec des couleurs spécifiques. Les premiers spécimens ont été trouvés dans la ville grecque de Tanagra, d’où elles ont été nommées.
Dans les plus anciens cimetières alexandrins (Chatby, Chadra, Ibraimia, etc.), le plus grand et le plus ancien nombre de ces statuettes ont été trouvés en dehors de leur ville d’origine.
Le groupe alexandrin des Tanagras date des IVe et IIIe siècles av. J.-C. Il représente des femmes, des filles et des garçons issus de la société alexandrine, capturant la vivacité et la spontanéité de la vie grecque quotidienne dans la ville. Ces statuettes étaient réalisées par des coroplastes (sculpteurs de corés-filles) grecs qui utilisaient souvent de l’argile importée de Grèce. Plus tard des artistes alexandrins et égyptiens ont pris le relais, utilisant de l’argile locale.
Les statuettes féminines adoptent des poses imitant celles de grandes statues en marbre, vêtues de vêtements grecs élégants et de coiffures élaborées. Parfois, elles portent des chapeaux ou se couvrent la tête avec leur himâtion, signe qu' elles sont mariées.
Une femme peut tenir un éventail ou un instrument de musique, une autre enlacer ou téter son bébé.
Les garçons sont représentés portant des vêtements macédoniens traditionnels, chlamys et kausia, soulignant peut-être leur origine ethnique. Certains sont habillés en athlètes ou en intellectuels.
Certaines filles sont représentées caressant leurs animaux de compagnie ou tenant des plâques, signe de leur éducation.
Les coiffures révèlent à quel point les femmes alexandrines de la haute société aimaient la mode, en particulier celles qui étaient inspirées par Aphrodite, déesse de la beauté et de l’amour, ou par les reines ptolémaïques. Quelque part apparaît, la coiffure « melon » , où les cheveux sont tirés en bandes et attachés en arrière (peut-être la troisième coiffure dans la première rangée à partir de la gauche, sur "le catalogue" ci-dessous).
On pourrait être devant le carnet de Miléna Canonéro, pour les costumes et les coiffures du film de Sofia Coppola « Marie-Antoinette » !
Tête d' Alexandrin
Cette tête représente un vieil Grec du type « Bon Vieil homme », dont les traits reflètent une expression passive de douleur mentale. Son visage ressemble à celui du célèbre homme politique Démosthène.
La tête provient probablement du tombeau d’un météque grec de première géneration.
Période ptolémaïque (325-250 av. J.-C.)/ d’origine inconnue, Alexandrie ?/calcaire

Vie quotidienne à l’époque ptolémaïque
En termes d’organisation et d’urbanisme, Alexandrie ressemblait à une ville grecque. Riche en luxueux bâtiments publics de style grec, comprenait le conseil municipal, un gymnase, un stade et de nombreux temples.
Les palais royaux servaient parfois à l’ occasion comme lieux de célébrations publiques, où participaient des hommes ainsi que des femmes, veillant à paraître vêtues et parées élégamment.
Le poète alexandrin Callimâque parlait d’une ville où résonnaient les voix des vendeurs, des porteurs d’eau et les marteaux de forgerons.
La majorité des habitants étaient grecs. Ils venaient de toutes les régions du monde grec. Ils travaillaient dans l’administration, dans l’armée comme soldats ou cavaliers, comme ouvriers. Parmi eux se trouvaient ceux qui cherchaient des opportunités. Ils se déplaçaient entre les différentes préfectures.
Ils participaient à un mode de vie grec, riche en activités grecques, telles que des représentations théâtrales, des banquets privés ou publics. Les maisons d'Alexandrie allaient de spacieuses avec des sols en mosaïque et de nombreuses pièces, à des maisons simples avec une cour entourée de pièces individuelles. Des familles grecques de diverses classes sociales vivaient dans ces maisons. Les jeunes enfants allaient à l’école et passaient leur temps libre à s’occuper de leurs animaux de compagnie.
Il semble que les femmes d’Alexandrie s’intéressaient particulièrement au filage et au tissage, car un grand nombre de contrepoids ont été trouvés dans les tombes ptolémaïques.
Alexandrie était également une destination pour l’élite égyptienne qui se deplacait pour des affaires administratives, déposer des plaintes ou chercher des solutions à des différends nécessitant des niveaux d’arbitrage plus élevés.
La campagne autour d’Alexandrie regorgeait de fermes, vergers, vignobles, roues à eau et machines hydrauliques d’Archimède. Leurs produits approvisionnaient la ville par l’intermédiaire des paysans et des vendeurs sur les marchés.
Stèle de Cornélius Gâius
Cette stèle en granit rouge a été découverte en 1896 devant le temple de Rome et Auguste sur l’île de Philae. Elle fut délibérément brisée en deux et réutilisée dans les fondations de l’autel du temple.
La stèle porte une inscription trilingue : en hiéroglyphes, en latin et en grec, datée du 16 avril 29 av. J.-C.
Il glorifie la victoire de Gâius sur Thèbes la rebelle et ses succès politiques en Nubie. Gâius était un cavalier romain, ami du célèbre poète Virgile et collègue d’Octave. En raison de son rôle dans la bataille d’Actium et de sa victoire sur l’armée de Marc Antoine à Marsa Matrouh, il fut nommé premier préfet d’Alexandrie et d’Égypte en 30 av. J.-C.
Le demi-cercle de la stèle représente un cavalier hellénistique héroïque, sur un cheval galopant, marchant sur un ennemi lâche portant un casque grec, probablement un symbole de l’armée ptolémaïque.
Il est rapporté qu’il « s’est consacré de nombreuses statues à travers l’Égypte et a consigné ses œuvres dans les pyramides ». C’est probablement pour cela qu’il fut puni par Auguste, qui le convoqua à Rome, où il fut condamné par le Sénat et préempta la sentence imminente, se suicidant en 26 av. J.-C.
Gâius fut puni par Damnatio Memoriae, qui imposa la destruction de ses stèles et toute mention honorifique en sa faveur.
Ainsi, cette stèle intègre un aperçu de la vie et du destin d’un personnage impliqué dans des événements et des victoires cruciales qui ont changé le monde. Il démontre comment le destin de son propriétaire a changé, passant de la splendeur de la gloire, du pouvoir et de la richesse, à la négligence et l’oubli.
Traduction du texte
Gâius Cornélius, fils de Gnaius Gallus, cavalier romain, premier préfet d’Alexandrie et d’Égypte, après la disparition de l’État ptolémaïque par César, fils du divinisé. Il vainquit la révolte de Thèbes en 15 jours, au cours desquels il captura deux fois au combat 5 villes : Boresi, Kopto, Ceramiqi, Diospolis la Grande et Orphéion et arrêta les chefs de la révolte. Puis il mena l’armée au-delà de la cascade du Nil jusqu’à un point que ni les Romains ni les rois d’Égypte n’avaient jamais atteint, après la soumission de Thébaïde, il fut la peur de tous les rois, après l’audition des envoyés du roi des Éthiopiens, près de Philae, et après que ce roi fut arrêté et nommé gouverneur de la région de 30 parasagas en Éthiopie, a fait des offrandes aux dieux héréditaires et au Nil qui l' a aid é.
Quelques exemples merveilleux de peinture macédonienne, similaires à celles de Vérgîna

Les petites pierres tombales
Vie domestique
Bien que ces plaques aient été utilisées comme marques ou pierres tombales, elles dépeignent des aperçus de la vie quotidienne et domestique de la période ptolémaïque.
1-2. Cavaliers macédoniens, la classe la plus riche de l’armée ptolémaïque. Certains sont représentés ici en deux plaques de Chatby et Hâdra, en tenue militaire complète.
Période ptolémaïque (320-280 av. J.-C.)/ Chatby, Alexandrie / Calcaire, peintures
Période ptolémaïque (300-250 av. J.-C.) / Alexandrie/calcaire, couleurs.
3. On voit des enfants tenir et caresser leurs animaux domestiques, un canard, un chien.
Période ptolémaïque (200-175 av. J.-C.) / Hâdra, Alexandrie
4. D’autres stèles montrent des scènes d’adieu, comme Ptolémée serrant la main de sa femme
Dimitra, qui se tient devant lui. Son voile couvre sa tête, en tant que ménagère.
Période ptolémaïque (vers 150 av. J.-C.)/ Origine inconnue/ Calcaire
5. Cette stèle représente aussi des adieux, Nicéton, Pappius, Didimus. L'enfant Didimus est entouré de ses parents qui tiennent un oiseau.
Période ptolémaïque (vers 150 av. J.-C.)/ Origine inconnue/ Calcaire
6. Dans une autre scène, Apollodore, fils de Philopator, apparaît caressant un enfant qui tient une
poupée, pendant qu’un bébé rampe vers lui.
Période ptolémaïque (IIe-Ier siècle av. J.-C.)/ Hâdra, Alexandrie / Calcaire
7. L’adolescent Héraclite apparaît assis, tenant un oiseau par le bec. La question d’un
enfant étranglant un oiseau est courant dans l’art hellénistique et se reflète dans la
littérature et la poésie
Période ptolémaïque (325-275 av. J.-C.) / Hâdra, Alexandrie/calcaire, couleurs
8. Une certaine Isidôra, originaire de Cyrénaïque à l’est de la Libye, est représentée assise tenant son enfant dans ses bras.
Période ptolémaïque (IIIe siècle av. J.-C.)/ Chatby, Alexandrie / Calcaire, peintures
9. Une autre scène, montre un père assis posant sa main sur la tête de son enfant aîné, tandis qu’un plus petit, rampe vers lui
Période ptolémaïque (IIIe siècle av. J.-C.)/ Chatby, Alexandrie / Calcaire, peintures
10. Ici, la jeune fille Dimitria apparaît, avec son assistante lui apportant un éventail ou un miroir.
Période ptolémaïque (v. 250 av. J.-C.)/ Alexandrie / Calcaire
La Shakia

La salle funéraire peinte avec la roue à eau (impulseur), la célèbre « Shakia », inventée par les ingénieurs du musée (Mouseion), dans l’Alexandrie ptolémaïque.

La roue à eau
Cette fresque intéressante a été découverte dans les années 1960 ornant les murs d’une tombe à Wardian, le cimetière ouest d’Alexandrie.
Il représente la roue à eau « Shakia », avec vivacité et réalisme, l’environnement rural, qui persiste et qui était encore visible partout dans le pays jusqu’à récemment.
La machine est tirée par deux taureaux, l’un peint en blanc, l’autre en rouge. Des gouttières sont visibles sur le cadre extérieur de la roue à eau.
La scène se déroule sous une treille, sous laquelle passe le chenal d’eau, où nagent des oiseaux .
Sur les murs courts on voit représenté un buste de Pân, dieu des zones rurales et des forêts. Ailleurs, on voit un berger portant un animal sur ses épaules, tandis que son troupeau paît de l’herbe fraîche.
Les scientifiques s’accordent désormais à dire que la roue à eau a été inventée en Alexandrie ptolémaïque par les ingénieurs du musée avec le soutien des rois. L’invention est attribuée à Philon de Byzance et à Ctésibius d’Alexandrie. Archimède est crédité de l’invention de la vis (Tymbanos). La Shakiya n’apparaît pas dans les références historiques avant 250 av. J.-C. mais c’était la méthode de pompage la plus courante dans le monde gréco-romain.

L’intérêt des Ptolémées pour la récupération des terres et le pompage de l’eau était fort. Un papyrus d’Edfu mentionne la demande d’un particulier d’être entendu par le roi Ptolémée Philadèlphe, pour la présentation d’une idée de machine à pompe capable d’irriguer les terres que la crue du Nil ne pouvait pas atteindre.
Les archéologues ont découvert plusieurs contenants en forme de cloche qui servaient de seaux à Shakiya à Karani, Fayoum. Ces vases ont été datés à l’époque de Ptolémée Philadèlphe. Le plus grand nombre de découvertes archéologiques concernant des machines à pompe a été en Égypte.
Mécaniquement, le concept de Shakiya repose sur la rotation d’une grande roue à laquelle sont suspendus des pots en argile. Elle est immergée dans l’eau, remplie, puis soulevée pour vider l’eau dans un canal.
Parfois, une longue chaîne de contenants est attachée à la roue à eau et fonctionne de la même manière pour élever l’eau vers des points plus hauts.
Le mouvement est assuré par de puissants animaux et des roues dentées, qui s’inspirent probablement du traité d’Aristote sur les leviers, poulies et engrenages, dans son livre « Problèmes de mécanique ».
Dessin de David Roberts
Cette peinture ornait le linteau de l’entrée de la chambre funéraire du tombeau de « Shakia », dans le cimetière ouest d’Alexandrie à Wardian.
L’oiseau « Ba » symbolisait le retour à la vie selon la tradition égyptienne.
On voit une table d’offrandes de type grec-égyptien, ce qui implique qu’il existe un autre oiseau-Ba à l' opposé.
Les Égyptiens représentaient l’oiseau-Ba avec une tête humaine, mais ici, il présente les caractéristiques d’un portrait, probablement de l’occupant du tombeau.
Colonne monumentale d’Auguste
Cette colonne monumentale fut érigée en l’honneur de l’empereur Auguste, à l’occasion du nettoyage et du dragage du canal « Sédia » qui alimentait Alexandrie avec de l’eau potable relié à la branche du Nil près de Kom El Giza, à côté de Kafr El Dawar.
L’inscription en grec et en latin parle du creusement d’un canal d’eau appelé « Rivière Auguste » qui s’étend sur 25 miles romains (38,75 kilomètres). Auguste est appelé « Divi Filio », fils du divinisé, c’est-à-dire de Jules César, et « Pontife Maximus », grand prêtre.
Période romaine (10-13 ap. J.-C.)/ Alexandrie / Marbre
Mosaïques
La mosaïque avec les poissons
Ce sol en mosaïque a été découvert en 1936 à Alexandrie. Il est décoré de divers motifs géométriques entourant un écu autour d’un emblème représentant différentes espèces de poissons.
Le fond est vert-bleu, imitant l’eau. Une inscription grecque sur le seuil indique : « Ep' agatho » (pour le bien).
Le sol a été réalisé à l’aide de la technique de grandes tesselles (ou tasselatum).
Période romaine (IIe siècle ap. J.-C.)/ Alexandrie, rue Traianou, Chatby/ cubes et pierres de marbre.
Le triclinium avec la mosaïque de la Méduse.
Il a été trouvé dans un manoir sous le cinéma Diana.

Il convient de mentionner ici que souvent, lors de la démolition d’anciens immeubles, l’équipe de Jean-Yves Empereur (Directeur duCentre d' études Alexandrines de1990 à 2015) était appelée pour des fouilles de sauvetage. C’était une sorte d’accord entre gentlemen, qui permettait aux archéologues un maximum de récoltes archéologiques contre un minimum de retard des entrepreneurs, en évitant les procédures chronophages administratives.
Triclinium
Le triclinion réservé aux hommes est un élément essentiel dans les grandes maisons ou villas grecques et romaines, afin que l’hôte puisse recevoir ses amis masculins lors de rassemblements et dîners d' invités de choix.
Habituellement, le triclinion se trouvait à côté de l’entrée, séparé du reste de la maison. La salle était généralement carrée, équipée de lits pour s’asseoir ou se coucher. Ils étaient souvent placés sur les trois côtés de la pièce, tandis que le quatrième était laissé pour l’entrée.
Le sol etait généralement décoré de mosaïques. La salle de banquet avait besoin d’un éspace central pour les tables mobiles, pour la nourriture et les boissons. L’éspace derrière les lits facilite le déplacement des serveurs, chanteurs, danseurs, etc.
La mosaïque de la Méduse
Cette mosaïque finement réalisée a été trouvée dans un manoir urbain à côté du cinéma Diana à Alexandrie.
Sa partie centrale (emblème) représente le visage de Méduse, fille mortelle des premiers dieux marins Phôrky et Céto.
La Méduse aux cheveux de serpent fut transformée en un monstre terrifiant qui menaçait les humains. Une fois massacrée par Persée, la tête de Méduse fut placée sur le bouclier de la déesse Athéna. Ainsi, elle devint un symbole de protection.
Le propriétaire de cette maison a choisi la forme de Méduse pour repousser un mal éventuel.
La tête est entourée d’un bouclier rond multicolore avec de grandes feuilles de lierre aux quatre coins.
Trois cadres de motifs géométriques entourent l’emblème et trois rectangles de différents motifs l’entrée du hall.
Les riches Romains vivaient dans de grandes maisons avec de nombreuses pièces et cours, probablement entourées de jardins. Certains étaient en ville, d’autres en banlieue rurale.
Ici, vous voyez une représentation d’une maison romaine avec des matériaux modernes. Elle se compose d’une salle de banquet ornée de deux statues antiques en marbre représentant un homme et une femme en position allongée, tenant chacun un calice, comme dans une scène domestique de la vie quotidienne. Les deux statues sont des couvertures de sarcophage.
Le sol est décoré de deux mosaïques, l’une avec des éléments géométriques, l’autre avec le dieu-enfant Éros, dans un cadre marin.
À l’arrière-plan, une représentation d’une bibliothèque avec des papyrus.
Dessin de façade de maison romaine Dessin d’atrium dans une maison romaine
Représentation axonométrique d’une maison romaine
À côté de la mosaïque, on trouve une représentation du manoir
Derrière la mosaïque, on peut voir les découvertes du temple privé de la villa d’Isidôre, à 1.700 mètres de la mer, dans la zone de Ras el Soda (tête noire), à l’est de la ville, sur la route qui la relie au célèbre Canopos (l’actuel Aboukir).
La position de Ras El Soda.
La Méditerranée, Alexandrie et derrière elle le lac Maréotis. À gauche, Canopos.
La région regorgeait de demeures de riches Grecs et Romains, avec des jardins légendaires et des mausolées familiaux. Canopos était célèbre pour sa vie indulgente.
Le 29 octobre 1936, des extracteurs de sable ont découvert deux colonnes de marbre provenant du porche d’un temple. La nuit suivante, de forts vents révélèrent la tête d’une statue intacte d’Isis.
Alerté le jour suivant, l'archéologue Achille Adriani entama une fouille systématique et de suite quatre autres statues apparurent à côté d’Isis. Les deux représntaient des divinités locales Osiris-Canopus, la troisième Harpocrâte (un des noms d’Horus, fils d’Osiris) et la quatrième Hermânubis, une divinité hybride entre Hermès psychopombos (accompagnateur des âmes) et Anubis, qui aidait les morts à atteindre Osiris.
Photos d’époque de la découverte
Dans les années 1990, le temple a été démantelé et reconstruit sur une colline au début de la rue d'Aboukir, à la viscinité du tombeau d’albâtre, dans les anciens cimetières chrétiens, en face du poste de police de Bab El Shark (Porte de l’Est), derrière la statue moderne d’Alexandre le Grand.
À droite, sur la colonne de dédicace, un pied de marbre avec une sandale, en hommage du fondateur du temple, Isidôre, à Isis Makaria, qui l’a sauvé lorsqu’il s’est gravement blessé à la jambe lors d’une course de chars.
Le pied droit d’Isidoros avec sa sandale grecque sur une colonne portant l’inscription suivante :
Isidoros fut jeté de son char à cause de ses chevaux, sauva sa jambe grâce à l’intervention de la divinité bénie (vraisemblablement Isis) et plaça ce signe, la remerciant.
ΡΙΦΘΕΙΣ ΕΞ ΙΠΠΩΝ ΑΠ ΟΧΗΜΑ ΤΟCΕΝΘ ΙΣΙΔΩΡΟΣ ΣΩΘΕΙΣΑΝ ΤΙ ΠΟΔΩΝ ΘΗΚΕΝ ΙΧΝΟC ΜΑΚΑΡΙ
Deux vases représentant Osiris-Canopus
Ces deux sculptures représentent le dieu Osiris-Canopus et prennent ici la forme d’un réceptacle à tête humaine, symbolisant Osiris. Le premier porte le couvre chef « Nâmés», le second la couronne « Atef ».
Les deux ont la base décorée d’une guirlande tressée d’une plante aquatique, sacrée pour Osiris.
Le nom « vaisseau Canopique » fait référence à la ville égyptienne de Canopus, où Isis retrouve le 14e membre du corps démembré de son époux. Elle conservait ces reliques dans un récipient similaire, dans lequel l’eau du Nil était stockée, comme source de vie, traditionnellement associée à Osiris.
Harpocrâte
L'enfant-dieu de la trinité alexandrine, fils d’Isis et d’Osiris (Sérapis), comme on l’appelait à l’époque ptolémaïque. Il porte son doigt devant sa bouche, signe de secret dans l’iconographie égyptienne, et dans l’autre main il tient un autre emblème, probablement la corne d’abondance.
Isis
La statue préponderante du groupe, représente Isis. C’est la seule en grandes dimensions qui la montre posée sur un crocodile. Le reptile lève la tête et la regarde en signe de soumission et de réconciliation, tandis qu’elle tient un récipient. La déesse porte son habit gréco-romain habituel, avec le double nœud caractéristique qui laisse un sein de la mère sacrée découvert.
Sa couronne caractéristique se compose de deux épis de maïs soutenant des cornes de vache et d’un disque solaire décoré d’un cobra. Deux plumes d’autruche complètent l'attirail.
Statue d’Hermânubis
La statue représente Hermânubis, une divinité composite entre Hermès, l'accompanateur des âmes (psychopombos) de la tradition grecque, et Anubis, le protecteur des morts dans la religion égyptienne. La divinité est en forme humaine d’un jeune homme aux cheveux épais et à la robe ample, laissant sa poitrine nue. Il porte des sandales similaires à celles d’Isidôre et sur sa tête le réceptacle des mystères « Kâlathos ». Il tient dans sa main gauche une branche de palmier symbolisant la victoire. A ses pieds un chien qui rappelle la tête d’Anubis.
La Trinité alexandrine
Le royaume ptolémaïque avait besoin d’un dieu qui combine les croyances des Égyptiens et des Grecs. Des sources antiques racontent que Ptolémée 1er vit en rêve que c’était Sérapis lui-même qui choisit le rôle de protecteur d’Alexandrie, prophétisant la future renommée et grandeur de la ville.
Il fallut que Ptolémée confie aux hommes les plus éminents de son temps la formulation des rites du nouveau culte. Il nomma Manéthus de Sévennytis (l’actuelle Samanude) dans le Delta, qui fut longtemps un point de rencontre pour les Égyptiens et les Grecs, ainsi que Timothée d’Athènes, qui connaissait les cérémonies secrètes d’Éleusis. Selon la prophétie, on disait que la statue cultuelle attendait d’être transportée depuis la mer Noire.
Sérapis était l’incarnation grecque du dieu populaire de Memphis, Osiris-Apis, qui était l’image d’Osiris dans le corps du veau Apis, tandis que sa forme humaine ressemblait à de nombreux dieux grecs, tels que Zeus, Hâdès, Hélios et Dionysos.
Un temple dédié à Sérapis fut fondé sur l’Acropole d’Alexandrie, où se dresse aujourd’hui la colonne de Dioclétien (Amoud El Sawari). Ptolémée 1er inaugura le bâtiment. Il fut ensuite rénové par Ptolémée III, comme l’indiquent ses fondations, qui évoquent un temple, une porte et un sanctuaire. Un temple dédié à Harpocrâte fut ensuite construit par Ptolémée IV.
Sérapis avait une famille, qui comprenait Isis et Harpocrâte, et ils servaient Alexandrie comme la sainte trinité.
Isis, portatrice de la grande magie, donatrice de vie, déesse de la fertilité, devint l’épouse de Sérapis à l’époque ptolémaïque et acquit une apparence hellénistique tout en conservant des traits égyptiens authentiques tels que la couronne hathorique et le « nœud d’Isis » sur la poitrine. Tandis qu’Harpocrâte, le fils divin qui complète la trinité, apparaît sous la forme d’un enfant, ou d’un jeune garçon avec le doigt posé devant la bouche, comme une expression égyptienne d’enfantilité et de secret.
Statues des Nomarques (préfets) et autres hauts administrateurs
Ce groupe de statues représente des figures de haut rang de la société égyptienne des périodes ptolémaïque et romaine, qui appartenaient certainement à l’élite gréco-égyptienne. Ils proviennent exclusivement des temples, où les personnes représentées souhaitaient déclarer leur respect aux divinités des préfectures qu’elles gouvernaient. Les inscriptions hiéroglyphiques mentionnent principalement des titres religieux ou des fonctions militaires spécifiques.
Les personnes représentées portent des capes à franges sur des tuniques à manches courtes, des vêtements remontant à la 26e dynastie. Les drapés et les coiffures naturalistes indiquent clairement une influence grecque.
Ces statues proviennent de Soknopaiouneso (Dimet El-Shébaa) à Fayoum, de Thémouis (Timai) dans l’administration de Dakahlia, de Canope (Aboukir) à l’est d’Alexandrie, et d’Hérmopolis Magna (Asmunein). Père et fils sont mentionnés (Psios et Érinaos). Le fils était responsable du temple de Dimet El-Shébaa. Certaines inscriptions sont en démotique. L’une affirme que l’homme représenté occupait un poste lié au commerce caravanier entre Fayoum et les oasis.
Nomarques (Préfets)
Lieux où certaines statues de préfets ou de hauts fonctionnaires ont été trouvées (taches rouges)
Apis est apparu, antiquité fondatrice, pour ainsi dire, de ce musée.
La première exposition d’antiquités au « MOUSEION »
En mai 1895, Giuseppe Botti découvrit dans le grand temple de Sérapis une colonne portant l’inscription dédicatoire : Sarapidi (à Sérapis) et auxs dieux des temples, pour le salut de l’empereur César Trajan Adrian Sévastôs.
Quelques jours plus tard, des fragments de la statue du taureau Apis furent découverts dans le coin sud-est du bâtiment menant aux galeries souterraines. La tête a été trouvée séparée du corps, ainsi que la queue et certaines parties des sabots. Ces pièces sont restées trois ans dans la cour de la Municipalité d’Alexandrie, jusqu’à ce que Sis Bey, président du conseil municipal, trouve des fonds pour restaurer la statue.
Le sculpteur italien M.V. Marcucci en a pris la responsabilité et a indiqué le point de connexion de la colonne sous le ventre de la statue, où se trouvait une cavité appropriée.
Ici, il faut noter la contribution à la recherche d’informations sur les fondateurs du Musée, à l’ amateur d’histoire Giorgos Kypréos († 2025), qui fut une des « mémoires » de la ville.
La statue fut probablement dédiée en l’honneur d’Hadrien, ou par l’Empereur lui-même, à Sérapis, dans son temple alexandrin lors de sa visite dans la ville en 130 après J.-C.
Le taureau était le symbole sacré d’Osiris-Apis, le dieu de Mémphis, une divinité égyptienne des morts à l’époque des Pharaons, symbole de la renaissance annuelle de la nature.
Il fut ensuite nommé Serapis et était vénéré aussi bien par les Égyptiens que par les Grecs.
La statue représente le taureau Apis de façon naturaliste, comme le montre la zone inférieure de la mâchoire. Un court pelage pousse sur le front, et deux cornes entourent le disque solaire, avec le cobra royal qui dépasse. Le mouvement des oreilles indique une ouïe sensible et la réactivité du dieu aux supplications de ses fidèles.
Scène du tombe principale de Kom El Shugafa avec le culte du taureau Apis
En regardant à gauche d’Apis, on voit l’une des rares statues en bois survivantes et certainement la plus grande statue de Sérapis. Elle a été réalisée selon la technique de la perforation et porte des traces de polychromie de plâtre. Cela ressemble à une énorme figure de proue.

Buste de Sérapis
À l’époque romaine, Sérapis portait sur sa tête le récipient des secrets sacrés (Kâlathos) et cinq bouclettes sur le front. Cette figure était représentée sur les pièces de monnaie alexandrines de l’époque d’Auguste.
Ce buste semble provenir d’un cadre cultuel et a été trouvé à côté du Sérapeion.
Dans des salles latérales, peintes en bleu roi ou rouge impérial, des Empereurs Romains et des divinités sont présentées, dans de niches à l'antique.
Mise en place spacieuse




Ici, Lucius Vérus, co-empereur avec Marc Aurèle (161-169 ap. J.-C.).
Son père fut pendant plusieurs années le co-empereur d’Hadrien.
Connu pour son goût du luxe, mais aussi son commandement contre les Parthes (164-166 ap. J.-C.)



Tête de l’empereur Antonin le Pieux (138-161 ap. J.-C.)
Trouvée dans un puits au temple d’Hôrus et de Sobek à Kom Ombo.
Reconnaissable à ses boucles de cheveux en forme de croissant.
Tête colossale d’Auguste
Agrippine la mineure, une personnalité ambitieuse et influente. Elle persuada son troisième mari, Claude, d’adopter son fils Néron comme successeur. Puis elle empoisonna Claude.
Plotîne, d’ascendance aristocratique Espagnole, épouse de Trajan.
Elle était très estimée de ses sujets pour ses vertus et son souci de défence de leurs intérêts.
Elle influença son mari à choisir Hadrien comme successeur.
Derrière le taureau Apis, un espace longiligne a été aménagé pour le temple du crocodile divin, et sa mômie !
Fayum fut l’un des premiers centres de culte de Sobek, représenté dans le sanctuaire du possesseur de la Première Dynastie.
Sobeck était considéré comme un dieu créateur et le lac Moreis faisait partie de l’Océan Primaire «Nan». Son culte s’étendait à d’autres lieux, comme Kom Ômbo.
Le rôle de Sobek en tant que dieu créateur a beaucoup évolué à partir du Nouvel Empire. Les hymnes de Kom Ômbo mettent en scène Sobek-Re émergeant de l’Océan Primaire « Nan ».
Sobek était associé au dieu du Nil, Hôrus, ainsi qu’à de nombreuses autres divinités majeures. Une vaste nécropole de crocodiles momifiés a été découverte à El Satb, à côté de Kom Ômbo, probablement en lien avec son culte là-bas.
Sobek était vénéré sous de nombreux noms à Fayoum, mais 
,
Pnéferos était le plus célèbre. Cela signifie « le beau visage ».
Aucune des centre-villes de Fayoum ne manquait de temple de culte de ce dieu, dans le style égyptien.
Le temple exposé ici fut construit et dédié par le citoyen Alexandrin Agathôdoros, fils d’Agathôdoros, officier du 2e corps de cavalerie, son épouse Isadôra et leurs enfants. Selon l’inscription, il fut inauguré le 4 octobre 137 av. J.-C. à Théadelphie (Batn Héret), une ville fondée par Ptolémée II, Philadèlphe.
Le temple se trouvait au centre de la ville, sur une rue principale large de 7 mètres, dans un «Téménos» (lieu sacré), une vaste zone entourée de murs de briques. Le rythme est égyptien au long d’un axe, avec trois salles succéssives, chacune dotée de son propre petit pylône.
Le premier pylône est « gardé » par deux statues de lions, avec une inscription en démotique mentionnant un certain Cômo-Happi, qui désire l’éternité pour lui, sa femme et leurs enfants.
Le Saint des Saints (Sanctuaire) se trouve derrière la troisième porte. Il est divisé en trois niches voisines pour les mômies sacrées des crocodiles. Au-dessus de la niche centrale, on peut voir deux figures différentes du Dieu-Nil « Ha-apy », accomplissant le rituel Séma-tâwi, c’est-à-dire l’unification des deux terres.
Sur le sol du vestibule du sanctuaire, deux bases pour la civière en bois avec la mômie du crocodile, qui participait aux processions sacrées du culte du Pnéfère, à Théadelphie.
Des colonnes, des peintures murales, des statues en pierre ou en bois ont étés trouvées dans le temple ou dans son «Téménos».
Fragments de sculptures
Dionysos et Satyre
Diônysos est représenté ivre, appuyé sur Satyre, un disciple du dieu. Diônysos était le dieu de la fertilité, du théâtre et de la vigne, fils de Zeus et de Sémélé, fille de Câdmos.
Ces sculptures furent réutilisées comme contre-murs à la porte arabe de Rosette.
Période romaine (140-200) / Porte de Rosette, au nord de la rue Fouad, Alexandrie / Marbre
Statue d’Hércule
Période gréco-romaine / Origine, porte de Rosette
Partie de statue de Maenade
Représentation de Maenade, l’une des fidèles de Diônysos, qui ont consacré leur vie à son culte. Elles étaient généralement vêtues de peaux de renard ou de cerf.
Les Grecs croyaient qu’ elles avaient des superpouvoirs lorsqu’elles étaient sous l’influence de Diônysos. Des danses sauvages faisaient partie de leurs rituels.
Période romaine (Ier siècle av. J.-C.)/ Origine inconnue/ Marbre
Relief de Taurochtonie (abattage du taureau) Mithraien
Mithra était une divinité orientale associée au zoroastrisme. Son culte était répandu à l’époque romaine, en particulier parmi les soldats. Des temples de Mithra ont été découverts en Égypte, avec des vestiges à Thèbes et à Asmunéin.
Les temples étaient des grottes souterraines, toujours ornées de la scène emblématique de Mithras Tauroctone (tueur du taureau), le rituel le plus important, symbolisant la victoire sur le mal ou les ténèbres.
Mithra a pour assistants un chien, un corbeau et un scorpion. Au-dessus de la scène, deux bustes symbolisent le soleil et la lune.
Période romaine (IIe-IIIe siècle après J.-C.)/ Memphis / Calcaire
Relief du Aéon - Temps
Aéon (l’éternel), était la personnification du temps, divinisé à l’époque romaine, en raison de son association avec le concept d’éternité de Rome, de son peuple et de l’empereur.
Ce relief appartient au type Temps Éternel, avec une tête de lion entourée d’un halo radieux. Il détient deux clés, symbolisant l’éternité et possiblement une torche, également symbole du culte solaire mithriaque.
Un serpent est représenté de chaque côté, celui de droite montre un autel en flammes, tandis que l’autre est sur un réceptacle de type cratère.
Période romaine (IIe-IIIe siècle après J.-C.)/ Bachnasa, Minya / Calcaire
Fresque d’Hércule
Cette fresque a été découverte à l’entrée de la chambre funéraire du tombeau 3, du cimetière de Ras El Tin (ouest d'Alexandrie).
Le héros Hércule est représenté tenant sa toison de lion et sa massue, montrant la couronne florale sur sa tête, symbolisant la victoire sur la mort.
Les mythes d’Hércule racontent son voyage vers les Enfers, et son triomphe sur leurs périls.
Avec la propagation du culte d’Isis et de Sérapis, les Grecs approfondirent le symbole funéraire de la victoire d’Hercule sur la mort.
Fragments de statues en bronze
Buste de Sérapis en albâtre
Tête de la déesse Athéna
Cette tête appartenait autrefois à une statue colossale trouvée à Gambâri, accompagnée d’une inscription indiquant la présence d’un temple ptolémaïque. Déesse guerrière et protectrice de la ville d’Athènes, Athéna est généralement représentée portant un casque, l’une de ses caractéristiques.
Elle est toujours représentée en tenue militaire complète. Les yeux étaient incrustés d’un autre matériau.
Des temples d’Athéna étaient connus à Alexandrie à Bachnasa et Asmunein.
Période ptolémaïque (IIIe-IIe siècle av. J.-C.)/ Gambâri, Alexandrie / Calcaire
L’un des nombreux points où le visiteur peut lire avec la méthode braille, ou écouter avec l’aide de l’application spéciale, la visite guidée du musée
Entrée de maison à Batn Hérit (Théadelfie)
Dans les villes et villages de Fayoum, les maisons des riches étaient distinguées par des entrées en pierre entre des murs en briques de boue.
Ce seuil de pierre a été découvert dans une grande maison à Batn Héryt lors des fouilles d’Evaristo Brescia (vers 1903-1937). Il est composé de deux colonnes égyptiennes avec chapiteaux en forme de lotus et d’un puits de lumière creux égyptien.
L’utilisation de la pierre ainsi que des briques de boue dans l’architecture des maisons était profondément ancrée dans la tradition grecque ainsi que dans la tradition architecturale égyptienne.
Période ptolémaïque (Ier siècle av. J.-C.)/ Batn Héryt, Fayoum / Calcaire

Colonne honorifique de Pâris
L’inscription sur cette colonne relate deux décisions prises par l’union des propriétaires terriens de la ville de Psénâmosis (aujourd’hui Kom El Tugâla), pour honorer Pâris, le gouverneur de la ville, qui a fait donation d'un terrain pour la construction d’un gymnase et d’un espace de réunions.
La première décision stipule que deux statues de Pâris doivent être érigées dans le gymnâse et l'espace de réunion, décorées de gerbes de fleurs lors de dates d’anniversaire spécifiques. Une stèle en bronze à placer à l’entrée de l'espace en reconnaissance de ses donnations.
La deuxième décision (cinq ans plus tard) fait référence à la création d’un portrait de Pâris orné de couronnes, en son honneur lors d’une célébration dans la capitale, Alexandrie. Les membres du syndicat promettent de poursuivre les offrandes sur la tombe de Pâris après sa mort.
L’inscription montre à quel point la société grecque accordait une grande importance à la contribution à la vie publique et surtout aux établissements d’enseignement, comme le gymnâse.
Période ptolémaïque (62 av. J.-C.) / Kom Tugâla, ancienne Psenâmosis / administration des Béchéra / Calcaire

Partie de statue de poète
Alexandrie est un centre culturel depuis sa fondation au début de la période ptolémaïque. Les intellectuels et philosophes du monde antique y etaient invités. Ses bâtiments étaient décorés de statues de poètes.
Dans cette partie survivante de la statue, le représenté, possiblement un poète, est présenté dans une position de profonde réflexion devant la Muse divine de la poésie.
Période romaine (début du IIIe siècle après J.-C.)/ Origine inconnue/ Calcaire
Statue d’une Muse, peut-être Eutèrpe ?
Elle est représentée comme l’une des Muses, divinités d’inspiration, pour la littérature et les arts dans la culture grecque.
La statue est l’une des rares exemples de sculpture de l’Égypte ptolémaïque et romaine, portant la signature du sculpteur Apollonius, fils d’Apollophane. Nous ne savons rien de plus sur lui.
Elle représente une femme debout qui aurait pu tenir une flûte dans sa main gauche, comme la statue d’Eutèrpe, déesse de la poésie lyrique, originaire de Mélitos.
Période romaine (milieu du IIe siècle après J.-C.)/ peut-être d’Assiut/ Marbre

Statue d’un intellectuel
Elle représente un homme portant le vêtement grec, à la manière des sophistes, ou des intellectuels.
Donc il peut s’agir d’un intellectuel Grec de la haute société.
Il fut découvert dans un bain public de la ville de Trouga, mais son style correspond à la façon dont l’empereur de l’époque était représenté à Alexandrie, en l’occurrence le portrait du quatrième type de Marc Aurèle.
Période romaine (180-190 ap. J.-C.) / Kom Trouga (ancienne Psénemfâla), Béchéra / Marbre
Statue d’un poète ou d’un intellectuel
Cette statue est l’une des dernières sculptures romaines d’Égypte.
La posture de cet homme, portant un himâtion grec, la main droite repliée dedans, était un vestige de la culture grecque, indiquant l’homme pensant.
Ce type de statue montrait le bon citoyen, instruit, s’approchant gentiment et parlant d’une voix douce.
Période romaine (IVe siècle après J.-C.)/ Minet el Bâssal, Alexandrie / Marbre
Le stade Lageion dans l’ancienne Alexandrie
Le Gymnase
Le gymnase servait de terrain d’entraînement, tandis que les compétitions se déroulaient dans le stade. Les gymnases étaient nombreux. Ptolémée le Sauveur (Sôter)fit construire un stade, appelé Lageion, au nom de son père, Lagôs, à côté du Serâpeion. Ses vestiges ont été enregistrés lors de la campagne napoléonienne.
Des gymnases ont été construits ailleurs en Égypte, même dans de petits villages habités par les Grecs, afin d’assurer l’éducation grecque de leurs enfants. Les jeux d’adolescents étaient la fierté de chaque ville d’Égypte romaine. Nous les rencontrons à Memphis, Asmunein, Sheh Abada, Naucratis, Fayum et Tel Al Mékdam.
Le gymnase dispose généralement d’une piste de coureurs et d’une cour avec une colonnade pour l’entraînement à la lutte, comme le montre la représentation d'un gymnâse sur une lampe à huile.
Fonder un gymnase ou être gymnasiarque était une œuvre de bienfaisance remarquable et sa contribution méritait les éloges du public avec une dédicace de statue ou une épigramme sur une colonne honorifique.
Les athlètes victorieux des Olympiades furent particulièrement honorés et devinrent même des membres honoraires du Musée (Mouseion).
Les athlètes alexandrins monopolisaient les courses à pied ainsi que la lutte et la boxe à l’époque romaine.
Parallèlement, Alexandrie abritait le plus grand nombre d’Olympiens dans le monde grec.
Les Alexandrins représentaient 24,3 % du total des champions olympiques de 181 jusq' à 393 après J.-C., lorsque Théodose le Grand fit interdire les Jeux Olympiques.
Cependant, ces activités sportives grecques étaient inaccessibles à l’Égyptien moyen, sauf pour ceux qui adoptaient le mode de vie gréco-égyptien.
Il est à noter que les sources écrites en démotique égyptien sont totalement dépourvues de vocabulaire lié aux sports grecs et aux spectacles théâtraux.
Statues célèbres d’athlètes et représentations sur vases
Athlète
Ce relief représente la tête et le sternum qui ont dû faire partie d’une pierre tombale d’un athlète décédé prématurément. La force physique évidente, les muscles proéminents, éclairent sa relation avec le sport. Sa connexion avec le Gymnase est démontrée par le récipient à huile et le caducée d’Hermès.
Époque romaine (début du IIIe siècle après J.-C.)/ Kena / Calcaire
Dionysos et le théâtre
Partout où les Grecs allaient, le théâtre et ses représentations prospéraient sous toutes leurs formes. Jeu d’acteur, musique, danse. Les théâtres étaient sacrés pour Dionysos, qui apparaît ici sous une forme à double face, couronnée de lierre.
La seconde forme n’a pas été identifiée et pourrait appartenir à un personnage théâtral.
Période romaine (Ier-IIe siècle après J.-C.)/ Origine inconnue/ Calcaire
Un acteur dans le rôle d’un esclave, suppliant sur un autel
Cette statuette représente un acteur portant un masque comique avec une bouche en forme de trompette. Il porte une tunique courte qui laisse voir son ventre épanoui. Il joue le rôle d’un esclave qui se réfugie comme suppliant à un autel, afin d’éviter la punition de son maître.
Ce type est peut-être apparu pour la première fois au IVe siècle av. J.-C., mais a prospéré durant les périodes hellénistique et romaine. Probablement selon le type de l'ésclave Dâos dans la scène d’ouverture de « Perinthia » de Ménandre. Le visage affiche une expression de ruse mêlée au triomphe.
Période ptolémaïque (250-200 av. J.-C.)/ Ezbet Mahlouf, Hâdra, Alexandrie / Fayence
On arrive maintenant aux coutumes funéraires grecques et la manière dont elles ont été adaptées ici.
Restes de cercueils humanoïdes
Parfois, des masques funéraires étaient étendues pour inclure une partie du sternum.
Elles furent ensuite rejointes par le reste de la structure qui englobait la momie.
Fait remarquable, le mélange de lin et de plâtre (cartonnage), était très courant après la diffusion de la momification chez les Grecs et les Romains, même à Alexandrie.
Un masque doré inclut une partie du sternum d’une femme. Il avait autrefois appartenu à sa momie. La zone du sternum est décorée de formes géométriques et de deux yeux Udjat de chaque côté, au-dessus d' un signe NB. Les yeux sont incrustés.
Périodes ptolémaïque et romaine (Ier siècle av. J.-C. - Ier après J.-C.) / Origine inconnue / Plâtre, verre.
Momie encerclée de lin et de plâtre
Un cercueil anthropomorphe fait de lin et de plâtre (cartonnage). Le visage, probablement doré, a maintenant disparu. Le corps est décoré de scènes funéraires égyptiennes. La plus notable est celle avec le grand collier représentant la tête d’Horus et deux représentations d’oiseaux à tête d’homme, Ba.
La scène suivante montre deux figures du taureau Apis, en dessus d’un pylône égyptien portant l’emblème de Kêper, symbole de la résurrection. La suivante, montre un prêtre portant un masque d’Anubis, tandis qu’Isis et Nephthys entourent le défunt qui prend la forme d’Osiris.
Sur le côté droit, un autre prêtre apparaît avec deux plûmes sur sa tête, vêtu de peau de léopard, lisant une prière sur un papyrus.
Suit un démon-protecteur ailé, à côté de deux silhouettes d’Athôr, en forme de vache.
Une autre scène montre Thoth et Horus purifiant le défunt.
Période romaine (IIe siècle ap. J.-C.)/ Siwa, Marsa Matrouh / Lin, plâtre et matière organique.
Momie avec portrait peint (dit Fayoum)
Le jeune homme tourne légèrement la tête vers la gauche. Il a les cheveux bouclés et une barbe. Poitrine nue, épaules, muscles, indiquent un athlète. Les bandages en lin ont été enveloppés dans un motif de losanges convergents. En leur centre, des perles dorées.
Période romaine (150-180 ap. J.-C.)/ Origine inconnue/ Lin, plâtre, bois et matière organique.
Rien n’échappe au regard de ce « Fayoum » unique!
Masques funéraires et hydries se reflètent dans des vitrines en cristal
Réplique en argile d’urnes funéraires métalliques caractéristiques de Macédoine. Tout commence par un moule, auquel des décorations embossées sont ajoutées et cuites de nouveau. Des couleurs sont ajoutées à la fin. Dans cette hydrie noire unique, les figures féminines alternent avec des têtes d’Athéna. Elle est ornée de deux zones de feuilles de lierre peintes en blanc.
La couverture se termine par une statue de « Tanagra ». Elle a été retrouvée à Ibrahimia, Alexandrie.
À droite, des sarcophages en marbre. À l’arrière-plan, à gauche, un sarcophage en pierre de porphyre, destiné aux Empereurs. Des sarcophages similaires sont exposés devant Sainte-Sophie à Constantinople.
Sarcophage décoré de Dionysos et Hercule
Les sarcophages décorés de guirlandes étaient courants et faisaient partie du culte funéraire et des rituels. Les guirlandes étaient généralement tenues par des figures mythologiques telles que Dionysos et Hercule, deux symboles de victoire sur la mort et de vie éternellement bénie.
La tête de Méduse est parfois affichée comme symbole de protection.
Période romaine (IIe siècle ap. J.-C.)/ Cimetière Turc, Le Caire / Marbre
Ensuite, le sarcophage dit d'« Ariane »
Le sarcophage avec le mythe d’Ariane. Il a été retrouvé au Mex, près d’Alexandrie.
Ce sarcophage a été sculpté dans du marbre importé pour l’inhumation d’une personne éminente.
Ses côtés ont été décorés du mythe de la princesse Ariane, abandonnée par le héros légendaire Thésée sur l’île de Nâxos. C’est là qu’elle rencontra Dionysos, qui l’aima et l’épousa.
La légende est devenue le symbole de la bonne âme humaine, qui reçoit la meilleure récompense, même si elle est tardive.
D’autres scènes dionysiaques apparaissent, comme celle de son triomphe sur Hercule et des scènes de foulage aux pieds des raisins.
Période romaine (IIe siècle ap. J.-C.)/ Mex, Alexandrie / Marbre
Ca m'a rapellé les sarcophages hellénistiques en marbre en excellente condition et d'un art inégalé, découverts par le célèbre archéologue ottoman Osman Hamdi Bey à la fin du XIXe siècle en Syrie et exposés aujourd'hui au Musée Archéologique d’Istanbul.
Statue de type Zeus en porphyre.
Maintenant, l’approche du musée envers l’art copte, qui coïncide à ses débuts, avec la période byzantine.
Cette statue provient de l’oasis de Siwa, au IVe siècle après J.-C.
Les experts la trouvent de style Alexandrin.
Personnellement ca me rappelle les sculptures gréco-romaines en Afghanistan.
Les célèbres textiles coptes
Saint Ména avec deux petits chameaux
Une momie chrétienne
Malgré la condamnation par Saint Athanase des anciennes méthodes de conservation des corps des martyrs dans ses lettres entre 379 et 380 ap. J.-C., la momification, ou plutôt l’assèchement, se poursuivit durant la période byzantine.
De nombreuses momies ont été retrouvées datant du VIIe siècle sur des sites égyptiens, Fayoum inclu. La technique consistait à ajouter du sodium autour du corps et entre les linceuls successifs du défunt.
Au lieu de la coutume de placer les organes vitaux dans les vaisseaux canopiens, le sodium est désormais également ajouté dans le corps. Les rubans en forme de losange, combinés à la croix chrétienne en encre noire sur la poitrine, indiquent la transition de l’ère païenne à l’ère chrétienne.
Fragment de décoration funéraire
Ce relief présente une figure féminine aux traits personnalisés, dans une couronne de laurier .
À côté de la dame, un ange ailé se tient en pose frontale, ce qui indique que le relief ornait un tombeau chrétien. Le geste de la main droite de la dame fait référence à une tradition grecque et romaine ancienne représentant des dames issues de familles aristocratiques.
Période byzantine (IVe siècle après J.-C.) / Bachnâsa (antique Oxyrhynchos), Minia/Calcaire
Buste d’un empereur
Ce buste, peut-être l’une des dernières sculptures impériales romaines originaires d’Égypte, représente l’un des co-empereurs de Dioclétien dans la Tétrarchie.
Il porte un Paludamentum épinglé sur son épaule droite.
Le buste semble avoir été réalisé dans un atelier Alexandrin, car le calice d’acanthe est un motif courant dans les ateliers de la ville.
La sculpture reflète les styles romains tardifs, quant à la posture frontale complète et la gravure linéaire intense des yeux, de la barbe et des cheveux.
Période romaine (297-305 ap. J.-C.)/ Origine inconnue/Calcaire
Reliefs sur os et sur ivoire
Alexandrie était un centre important de sculpture en os et en ivoire. Les défenses venaient d’Afrique par des ports de la mer Rouge. Elles étaient exportées avec un grand profit, ou sculptées dans la ville.
Ces sculptures étaient principalement utilisées pour le revêtement ou la marqueterie dans la fabrication de meubles, parfois aux boîtes pour des objets de valeur ou des objets privés.
L’accumulation de l’expérience des sculpteurs d'ivoire et d'os au fil des siècles fut précieuse pour les ateliers Alexandrins.
Les thèmes décoratifs sont d'une grande varieté. Divinités grecques et romaines, Aphrodite, Éros, Niké, Dionysos, les Nymphes, etc.
On y trouve aussi des objets représentant des facades symbolisant l’église, des thèmes chrétiens, des oiseaux, des décorations florales.
Périodes romaine et byzantine (IIe-VIIe siècle après J.-C.)/ Alexandrie, Moharem Bey, Rakôtis, Serapeion, Kom Truga, Buhaira, Fayoum, autres origines inconnues / Ivoire, os.
Vases anthropomorphes en céramique
Ces vases présentent des techniques distinctes de poterie copte, car ils ont été fabriqués selon la technique du tour, avec des caractéristiques anthropomorphiques rajoutés et coloration ultérieure noire ou rouge.
Des décorations linéaires ou florales furent ensuite gravées sur les parties creuses. Ces récipients étaient principalement d'usage doméstique, comme vaisselle de table.
Période byzantine (IVe-VIIe siècle après J.-C.)/ Céramiques/ d’origine inconnue.
Relief avec le mythe de Léda
Les ateliers de sculpture à Ichnasia et Bachnasa produisirent de nombreux reliefs à thème mythologique grec. Léda et Zeus en cygne sont représentés dans ce relief, avec Éros à leurs côtés, tenant la jambe de Léda.
Ces ateliers accueillaient aussi bien une clientèle chrétienne que non-chrétienne, ce qui explique la survivance de ces sujets dans l’art copte.
Période byzantine (IVe-Ve siècle ap. J.-C.) /Origine inconnue/ Calcaire
Fragment de frise architecturale
Cette frise représente deux femmes à moitié nues appuyées contre un large vase rempli de fruits, entourées de décorations florales. Une couronne à gauche aurait pu autrefois porter une croix.
Armand fut la capitale de la 4e préfecture de Haute-Égypte durant la période dynastique. Des vestiges d’un temple de Montu et d’une Mammisi (mot copte signifiant naissance) - chapelle de la nativité, datant de l’époque de Cléopâtre VII, y ont été découverts.
Des sources écrites mentionnent les temples d’Atum, Osiris-Vocheis, avec une route, un temple de culte impérial (Césârion) et un monastère d’Abba Tyrânnos datant de la période byzantine.
Période byzantine (Ve - VIe siècle après J.-C.) / Armand (ancienne Hermuthis), Louxor / Calcaire
Le Bon Pasteur
Le jeune berger porteur de bélier, a une longue tradition dans l’art païen, mais il est devenu un sujet symbolique favori de l’art byzantin. Le Bon Pasteur représente le Sauveur de son troupeau et c'est un thème fréquent dans l’art chrétien. Cette sculpture servait de support de table dans un temple ou une grande maison.
Période byzantine (IVe siècle après J.-C.) / Marsa Matrouh (ancien Paraeteion) / Marbre
Il est temps de faire une pause dans l’atrium étincelant du musée.
A noter que le musée, est parfaitement accessible au public ayant des difficultés de mobilité.
On observe un grand effort concernant la propreté du Musée, ainsi que celle du quartier environnant.
Sur la terrasse, on propose divers cafés et thés, des jus de citron (varieté banzahiri), de mangue (avec des morceaux entiers de fruits, mmm...) et de gâteaux.
Le personnel est extrêmement serviable.

Il y a deux petites boutiques de souvenirs, mais sans catalogue du musée ni autres publications pertinentes en vente. L’artisanat égyptien étant incomparable, on attend des produits à son hauteur, similaires à ceux en vente au GEM (Grand Musée Egyptien) du Caire, peut-être avec des prix moins élevés.
Ces colonnes proviennent d'un temple à l’ouest d’Alexandrie, juste avant Agami
La reine (probablement Arsinoe II), qui ornait l’entrée du phare, avec son mari (Ptolémée II).
Ils furent tous deux tirés de la mer autour du Phâros. A présent ils sont séparés, lui, il orne l’entrée de la Bibliothéca Alexandrina. Elle, elle se tient ici. Devoir, le destin des Rois !
Montons au 2e étage

Le Nil, son cours, sa cartographie et sa représentation dans l’art hellénistique et romain.

Le Nil est représenté comme un dieu fluvial, incliné, sur une base représentant un paysage rocheux. Un oiseau et deux enfants, dont l’un tenant une branche, émergent de son côté gauche.
L’ouverture ronde au centre de la base indique qu’il s’agissait d’une fontaine. Il a été retrouvé à Gambâri, Alexandrie.
Ce buste représente le Nil comme un vieil homme aux cheveux longs, portant le himâtion grec et tenant dans sa main gauche une corne d’abondance.
On pense qu’il ornait un temple ou un autre bâtiment public à Canope.
Les deux sculptures précédentes m’ont immédiatement rappelé le travail d’un sculpteur peut-être du XIXe siècle, que l’on retrouve ici à l’hôtel « Cecil » à Alexandrie, sur un meuble « d’époque », orné ... d’un radiocassette d’une époque complètement différente (Photo Alexandre Kallianiotis, 2009).
Écosystème du Délta
Le Nil
Les Égyptiens vénéraient le Nil, l’appelant « itro » (mot égyptien pour rivière). On croyait qu’il prenait son origine dans les grottes de la région de Gabal el Silsila, au sud de la Première Cascade, où il n’était vénéré qu’à l’époque dynastique.
Le dieu Hapi incarnait le Nil et était considéré comme le père de tous les êtres. Hapi était représenté comme un homme au ventre saillant et à la poitrine lourde, symbolisant la fertilité.
Hapi est souvent représenté en train d’accomplir le Rituel d’Unification des deux terres, « Samatawi » reliant le Nil Nord (papyrus) au Nil Sud (lotus), comme expression de son rôle central dans l’unification de l’Égypte.
Dans l’Antiquité, le Nil comptait 7 branches, la plus orientale étant la Pélusiaque qui se termine dans l’actuelle Pharâma, et la plus occidentale était la Canopique, à côté de l’actuel Aboukir. Toutes ces branches ont aujourd’hui disparu. Seules les branches de Rosette et de Damiette subsistent.
Pour exploiter les ressources de l’Égypte, les Ptolémées s’occupèrent du Nil, explorant ses sources et sécurisant sa route.
Ils ont également fondé le culte du Nil. Des titres de prêtres du Nil apparaissent pour la première fois sous le règne de Ptolémée II, et certaines inscriptions relient son culte à celui de Ptolémée III et de Bérénice II.
Les fêtes du Nil « Niléa » avaient lieu chaque 22 octobre. Ils continuèrent en Égypte jusqu’au moins 436 après J.-C., date à laquelle la dernière fête connue eut lieu dans le théâtre Alexandrin.
Avant la disparition de la branche Canopique du Nil au début du Moyen Âge, Alexandrie était approvisionnée en eau par elle, via un canal appelé Sédia, au sud de la ville. L’eau s’écoulait dans ce canal artificiel qui encerclait la ville du sud au nord-ouest, se versant dans la Méditerranée.
Le Nil n’était pas seulement une source d’eau pour Alexandrie, mais aussi fournisseur de la ville en produits agricoles de toute la vallée. C’était également une voie d’exportation pour les produits égyptiens, principalement le blé.
Statue du Nil
Les anciens Égyptiens représentaient le Nil avec un ventre saillant et des seins lourds, symbolisant la fertilité.
Aux périodes ptolémaïque et romaine, la tendance grecque à représenter les rivières en position allongée fut adoptée. Nilus se tient allongé, posant sa main sur un hippopotame ou un Sphinx. Il est généralement entourée de 16 enfants qui évoquent le généreux crue de 16 coudées. Le Nil tient ici une grande corne d’Amalthée, en tant que source d’abondance.
Période romaine (fin IIe-IIIe siècle après J.-C.) / Al Mohammâra, Sidi Bishr, Alexandrie / Marbre
Statue d’Euthénie, épouse du Nil
À l’époque romaine, le Nil avait une épouse, nommée Euthénie, qui incarnait la fertilité des terres agricoles égyptiennes, issues des crues annuelles du Nil.
Dans ses représentations, la posture allongée du Nil est adoptée. La coiffure et les vêtements d’Euthénia ont le nœud caractéristique sur la poitrine et proviennent d’Isis.
Dans ses larmes de chagrin pour Osiris, les Égyptiens attribuèrent les inondations de la rivière.
Période romaine (IIIe siècle après J.-C.) / D’origine inconnue / Marbre

Mosaïque d’Alpheios et d’Aréthoussa
Dans cette partie du sol en mosaïque, la rivière Alpheios (fils d’Océan et de Thétis) poursuit Aréthoussa, une adepte de la déesse Artémis. Aréthoussa est représentée s’échappant, le regard terrifié.
Selon la légende, le fleuve Alpheios, dans l’ouest de la Grèce, tomba amoureux de cette nymphe, se transforma en humain et faillit la convaincre, lorsque Artémis intervint et la transforma en source d’eau. L’eau d’Alpheios, amant fidèle, se transforma en courant puissant, qui traversa la mer Adriatique jusqu’à Syracûse, afin de se joindre là bas avec la source Aréthoussa.
Le mythe symbolisait la navigation d’Athènes vers la Sicile. Les artistes Alexandrins aimaient la représentation de thèmes allégoriques similaires.
Le sol a été réalisé à l’aide de la technique de grandes tesselles (opus tasselatum).
Période romaine (IIIe siècle après J.-C.)/ Timai (ancien Thmuis), Dakachlia, cubes de marbre coloré.

Torse féminin
Fin du Ve - début du IIe siècle av. J.-C. / Alexandrie / Port oriental - Mazarita / Marbre blanc
L' Agora
Chaque ville grecque possédait une Agora (un marché), centre urbain et lieu de rassemblement des citoyens.
En principe le mot signifie un lieu d’achat et de vente, mais son fonctionnement couvrait toutes les activités des habitants. Alexandrie comptait plus d’une agora.
L’une d’elles devait se trouver au carrefour des deux rues principales. À l’époque romaine, elle s’est considérablement développée en un large carré, entouré de colonnades sur ses quatre côtés.
Tôt le matin, le marché est rempli de vendeurs, de passants et d’artisans qui font du bruit en achetant et vendant, parfois avec des enchères et des querelles. À côté du marché, on trouve des étals, des ateliers d’orfèvres et des boulangeries.
Le marché alexandrin était décoré d’une statue d’Hermès, le dieu grec du commerce.
À côté était entreposée la taxe annuelle en maïs, prête à être chargée pour Rome.
Sur le marché, les fontaines étaient des repères fournissant de l’eau propre aux visiteurs.
Bâtiments publics: temples, sanctuaires, autels des principales divinités de la ville, héros et fondateurs, entouraient l’agora, ou s’y trouvaient dedans.
Les marchés étaient des lieux sacrés et Alexandrie ne faisait pas exception: un papyrus ptolémaïque mentionne que des décrets municipaux y étaient accrochés. Ces lois prévoyaient une double punition pour quiconque enfreignait la loi ivre au marché. Néanmoins, la vente de vin chaud était autorisée dans une partie du temple Tychaio (temple dédié à la chance).
Dans une ville comme Alexandrie, les femmes avaient leur part dans la vie publique. Elles y allaient souvent au marché (Agora)et certaines y étaient honorées par des statues. Un papyrus mentionne que certaines femmes avaient été victimes de violences en vendant certains de leurs biens. Philon recommande aux femmes élégantes de ne pas aller au marché avant midi pour éviter la foule.
Dans une ville comme Alexandrie, à l’ombre du Musée et de la Grande Bibliothèque, enseignants et élèves rassemblés au marché vêtus de leurs tuniques grecques, s’approchaient discrètement et entamaient leurs discussions philosophiques douces et longues à voix basse.
Le marché était un lieu de diffusion d’actualités et d’informations sur les décisions gouvernementales. On pouvait y lire également les lettres impériales ou les actes de naissance des citoyens alexandrins.
Là, des consuls romains et de hauts fonctionnaires apparaissaient vêtus de toges et de sandales hautes, à côté de soldats portant de longues capes épinglées à l’épaule droite et des épées aux poignées magnifiquement décorées.
Scènes Nilotiques en mosaïque
L’un des sujets les plus populaires dans les mosaïques et fresques romaines est constitué par les scènes sur les rives du Nil. Une scène de l’Égypte romaine y est représentée ici.
Sous un auvent se trouvent allongés, deux hommes, une femme et un enfant (?). À côté d’eux se trouve une table avec de la nourriture et des boissons, tandis devant eux, dance une femme à moitié nue.
À côté d’elle se trouvent deux récipients de vin, un oiseau et un autre danseur, avec qui elle échange des regards. Autour de la scène, divers éléments de l’environnement nilotique : oiseaux, crocodiles, hippopotames, un cobra géant et des nains (?).
Statues de Mohammâra (Sidi Bishr)
Une cachette de statues a été découverte à côté d’un spacieux manoir d’une riche famille alexandrine à Mohammâra, entre la rue Gamal Abd El Nasser et la gare de Sidi Bishr, à l’est d’Alexandrie, en 1973.
Les statues représentent un groupe de divinités grecques et romaines ainsi que deux portraits individuels.
Le premier est une figure féminine debout qui semble être une prêtresse d’Isis, et le second servait de couverture pour un sarcophage. Les deux présentent une grande similitude dans les traits du visage. Il paraît que ce manoir comprenait aussi un tombeau familial, comme Strabon le mentionne souvent pour des villas similaires.
Le groupe de divinités comprend des statues du Nil, d’Asclépios, d’Hygée, d’Arès, d’Aphrodite, de Dionysos adolescent et d’Harpocrâte.
Les statues sont faites de marbre importé d’Asie Mineure ou des îles grecques. Peut-être qu’elles sont arrivés complètes, peut-être ont-elles été achevées et polies dans un atelier alexandrin.
La plupart datent de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle après J.-C.
Les chercheurs pensent que la collection aurait pu être enterrée afin d’éviter sa destruction après le décret de Théodose en 395 ap. J.-C., qui proclamait le Christianisme comme la religion officielle et unique de l’Empire.
Bien que le Christianisme, à ses débuts, n’ait pas nié la pensée et l’art, d’héritage grec et romain, de nombreux temples ont été transformés en églises et de nombreuses sculptures de moindre importance ont pu être considérées comme inutiles.
Au début du Ve siècle après J.-C., le poète alexandrin Pallas, dans l’une de ses épigrammes, évoque une statue d’Hercule détruite à Alexandrie.
Echantillons de la vaste collection d’ancres anciennes offerte au musée par un collectionneur Grec d'Alexandrie, au début du XXe siècle.
L’ancre et son évolution
L’ancre est l’une des composantes nécessaires des navires et des bateaux. Leur premier matériau connu fut la pierre, puis le bois ou le métal furent ajoutés, et finalement elles furent entièrement fabriquées en métal.
Leur forme a évolué au fil des siècles, selon leur fonctionnement.
Au début, c’était une grande pierre avec ou sans trou, où la corde du navire (1 et 2) était attachée. Le navire était ancré selon son poids (ancre à poids). Ensuite, un ou deux crochets en bois étaient ajoutés aux trous dans la pierre pour immobiliser le navire sur le fond marin (3 et 4). Il y avait la version carrée et triangulaire, avec une reliure différente de la pierre (3,4,5).
Ensuite, la pierre a été remplacée par du bois, avec une ou plusieurs tiges (6,7). La pierre était de nouveau de retour, puis, remplacée par du plomb et enfin par des différentes forges en acier (8-14).
Réplique d’un navire marchand chargé de découvertes sous-marines
.
Statue de Dionysos provenant de Sakka. Découverte par hasard en 1934 elle le représente portant une mitre avec des cornes de taureau. Sa main droite tenait probablement un thyrsus, tandis que sa main gauche tenait une torche ou un luminaire. Des statues similaires étaient utilisées pour décorer ou éclairer les banquets.
Sakka était une ville florissante du Délta (l’actuelle région de Kafr El Sheikh) et les fouilles y ont révélé des thèrmes ptolémaïques et romaines ainsi que des temples cultuels ptolémaïques.
La prospérité dûe au commerce
Nous arrivons maintenant à la mer des monnaies
Difficile à imaginer une représentation plus spectaculaire de la richesse archéologique et commerciale de cette ville. Des centaines de pièces de monnaie se projettent devant notre champs visuel.
Tête d’Alexandre le Grand
Alexandre fut le premier souverain grec à être représenté sans barbe, sur des pièces de monnaie, des statues et des peintures. Cette tête le représente jeune, avec une coiffure caractéristique. La tête est probablement basée sur un modèle spécifique d’un atelier alexandrin et était souvent copiée dans des statuettes à des fins cultuels. Les fouilles à Kom El Ahmar (village rouge) ont révélé, de nombreux bains grecs et romains ainsi que de nombreuses sculptures de style grec et égyptien (IIe siècle av. J.-C. Mahmoudia, Béhéra).
Tête d’Arsinoé
Arsinoé II, épouse de trois rois, fut la première reine à être représentée sur des pièces ptolémaïques. Elle fut la première reine à posséder son propre culte royal, ainsi que des compétitions musicales et athlétiques en son honneur, les Arsinoeia.
La tête est faite de marbre de Pâros, précieux et transparent. Très probablement, un diadème métallique reposait sur la niche entourant sa coiffure. Les traits du visage sont très proches de l’image de la Reine sur les pièces de monnaie. La tête s’incline légèrement vers la gauche selon le style ptolémaïque ancien de représentation royale.
(Période 300-250 av. J.-C. / origine inconnue (Collection Sir John Antoniadis).
Diadèmes et bijoux de reine
Ici, une pensée pour l’Alexandrine Eléni Stathâtos, née Constantinides, dont la collection de bijoux antiques brille au Musée Archéologique d'Athènes.
Noble femme romaine avec coiffure Eléni Stathâtos
du type de Faustina l’Ancienne, par M. Tombros
Constantinople, milieu du IIe siècle après J.-C. Athènes, milieu du XXe siècle
Un couple élégant pose pour l’éternité
Buste de personnalité
Dans les cités-États grecques, les bustes en bronze étaient préférés comme statues honorifiques. Très peu ont survécu.
Cette tête incroyable, aux yeux encrustés, a été retrouvée avec les restes du corps de la statue, à l’ancienne Cynopolis, fondée par les Romains sur la rive est du Nil, en face de Déndéra, comme station d'approvisionnement pour les ports de la mer Rouge.
Cette tête confirme la tendance des individus à imiter l’iconographie impériale dans les traits du visage et les coiffures. Ce buste est souvent associé à l’empereur Hadrien (Kéna, ancienne Kynopolis, 117-140 ap. J.-C.)
La déesse Aphrodite se prépare à prendre son bain, dénouant sa sandale gauche. Elle porte un diadème et un bracelet serpentin haut sur le bras. Elle a posé ses vêtements sur un vase, où l’amour est monté prêt à la taquiner. Derrière elle, un second amour se prépare en conséquence.
(Fin IIe siècle après J.-C. Mohammâra, Sidi Bishr, Alexandrie).
Ce groupe sculptural nous rapelle un autre au Musée Archéologique d’Athènes, où la sandale de la déesse est prête à repondre à une taquinerie bien plus menaçante...
Athènes, Musée National Archéologique, exposition Odyssées.
Nous sommes maintenant arrivés à la grande collection de chats du musée, un immense plaisir pour leurs nombreux amis et un rappel de leur parenté dans les îles grecques.
Boubâstion
La découverte d’un temple dédié à la déesse féline égyptienne, Bastêt, Boubâstis en grec, constitue une confirmation importante du culte des divinités égyptiennes par les météques grecs d’Alexandrie.
Boubâstion était située sur le versant Est de la colline Paneion (aujourd’hui Kom El Dîkka). Selon Hérodote, Bastet/Boubâstis était l’équivalent de la déesse Artémis. Les deux divinités protégeaient les nouveau-nés, les nourrissons, les jeunes enfants et les femmes récemment accouchées.
On glisse comme un chat vers la sortie ...

Nous faisons nos adieux au Musée, afin de profiter du quartier, offrant une scénographie fraiche de quelques jours...
C'est comme si on entendait murmurer une beauté d'un âge avancé:
... Une fois habillée et maquillée, tu ne me reconnaîtras plus...
Photos et texte © Iannis Kallianiotis
Présentation et visite du musée mentionné ci-dessus en anglais
Au lien :