Musée des Carrosses Royales dans les Grandes Écuries de Versailles
Texte et photos © Iannis Kallianiotis sauf indication contraire
La majorité des informations provient du Musée lui-même
C’est Samedi, pendant les vacances scolaires d’Avril 2024, et le « Village Royal » de Versailles est bouillonnant de monde. Température relativement élevée pour la saison.

Nous contournons l’agitation et passons directement en face, là où se dresse la large façade semi-circulaire des Grandes Écuries Royales.
Plan de Versailles. Au premier plan se trouvent les Grandes Écuries. En face, Le Palais. En arrière-plan, les jardins mythiques. À droite, la ville de Versailles.
Dans la grande cour semi-circulaire, plusieurs « chevaux » sous les capots des voitures des employés
Tout prince d'Europe en eût fait son palais, ce n'était pourtant que les écuries du Roi de France. Les contemporains de Louis XIV s'étonnaient ainsi de l'ampleur et de la majesté des écuries de Versailles. Leur situation exceptionnelle, face au Château, manifeste à elle seule, la place accordée au cheval dans la représentation du pouvoir sous l'Ancien Régime.
Grande et petite ecuries
Leur dénomination ne tient pas à leurs dimensions mais à leur affectation. Au nord, la Grande Écurie, sous l'autorité du Grand écuyer de France, appelé « Monsieur le Grand », a la charge des chevaux de main, parfaitement dressés pour la chasse et la guerre. Au sud, la Petite Écurie, dirigée par le Premier écuyer, appelé « Monsieur le Premier », a le soin des montures servant à l'ordinaire, des chevaux d'attelage et des voitures. En principe, le Grand écuyer commande l'ensemble des écuries et haras, mais le Premier écuyer supporte mal cette subordination. Entre ces deux éminents personnages, la rivalité est constante.
La construction
Les écuries royales de Versailles sont le plus grand chantier royal jamais entrepris pour loger des chevaux; un double chantier lancé en 1679 en prévision de l'installation de la cour et du gouvernement à Versailles. Placé sous la direction de l'architecte Jules Hardouin-Mansart, il est réalisé par une armée d'ouvriers en un temps record: trois années, de 1679 à 1682.
Les bâtiments
Avec leur plan original en fer à cheval, les bâtiments s'organisent autour de cinq cours. Les ailes latérales sont consacrées au personnel, le corps central, avec ses immenses galeries voûtées, dévolu aux chevaux. Au cœur de chaque ensemble, le manège, rectangulaire à la Grande Écurie, circulaire à la Petite.
Les écuries constituent l’un des plus importants départements de la Maison du Roi. L’activité y est constamment intense et près d’un millier d’hommes y travaillent : écuyers, cochers, piqueurs, postillons, valets de pied, garçons d’attelage, palefreniers, maréchaux de forge, aumôniers, musiciens, chirurgiens hippiatriques, école des pages... Un monde en soi.
Les chevaux du Roi
Les galeries abritent des centaines de chevaux rangés selon leur race et leur robe.
Les chevaux espagnols, arabes et perses servent à la parade et aux carrousels; les coureurs anglais à la chasse; les chevaux carrossiers proviennent de Pologne, du Danemark et de Prusse.
Les galeries abritent des centaines de chevaux rangés selon leur race et leur robe. Les chevaux espagnols, arabes et perses servent à la parade et aux carrousels ; les coureurs anglais à la chasse ; les chevaux carrossiers proviennent de Pologne, du Danemark et de Prusse.
L’ÂGE D’OR DE L’ÉQUITATION FRANÇAISE
L’art du dressage de tradition française atteint son point de perfection au manège de la Grande Écurie. De 1680 à 1830, s’y épanouit une nouvelle forme de la pensée et de la technique équestre : rendre au cheval monté la grâce de ses attitudes naturelles, obtenir une parfaite harmonie entre la monture et son cavalier.
La prestance des écuyers de l’École de Versailles, renommée dans l’Europe entière, participe au prestige du royaume.
LA COLLECTION
Les carrosses de Versailles ont été réunis par le roi Louis-Philippe en 1831, au moment où il transforme le château royal en musée dédié « À toutes les Gloires de la France ». Chaises à porteurs et traîneaux rejoignent les collections en 1851, lorsque le premier Musée des Voitures de Trianon ouvre ses portes au public.
Les écuries constituent l’un des plus importants departements de la Maison du Roi. L’activite y est constamment intense et près d’un millier d’hommes y travaillent : écuyers, cochers, piqueurs, postillons, valets de pied, garçons d’attelage, palefreniers, marechaux de forge, aumoniers, musiciens, chirurgiens hippiatriques, ecole des pages... Un monde en soi
Les écuries de Versailles impressionnent par leurs arcs étonnamment hauts, l’épaisseur des murs et le pavage des sols.
Dans une rangée unique dans la grande écurie et dans une rangée double dans la petite, les chevaux ne sont séparés que par un niveau bas, pour le plaisir des yeux, mais aussi pour la convivialité entre eux.
Modèle de carrosse
Chobert, joaillier du roi, actif dans la 1ere moitié du XVIII" siècle
Bois sculpté et doré, or, brocart d’argent, métal, verre
Ce type de modèle était présenté au commanditaire d’un carrosse afin de lui permettre de visualiser le rendu et d’exprimer avec plus de précision ses souhaits pour d’éventuelles modifications.
Cette précieuse maquette passa longtemps pour être le modèle d’après lequel a été exécuté le carrosse du sacre de Louis XV, en 1722.
Cependant, la présence au centre du pavillon d’amours couronnant un dauphin dressé sur un socle, plaide pour un carrosse exécuté pour une cérémonie dans laquelle le Dauphin, premier fils de Louis XV, fut honoré : soit en 1729, à l’occasion de la visite de Louis XV à l’hôtel de ville de Paris peu après sa naissance, soit en 1737 à l’occasion de son baptême.
Le modèle est celui d’un grand carrosse moderne. Si ces imposantes voitures apparues sous le règne de Louis XIV sont toujours en usage au début du règne de Louis XV, la ligne a cependant évolué : la caisse est plus évasée vers le haut, fortement galbée à la partie inférieure et la frise de ceinture présente un dessin mouvementé propre à l’art rocaille.
Carrosse d’époque Louis XIV au Musée des carrosses à Lisbonne
Musée des carrosses à Lisbonne
Carosse à Lisbonne analogue du modèle présenté à Versailles
Ici, nous ne verrons que des voitures qui ont survécu de l’époque de Napoléon Ier, principalement construites pour ses noces avec la fille de l’empereur d’Autriche-Hongrie, Marie-Louise.
Texte et photos © Iannis Kallianiotis sauf indication contraire
La majorité des informations provient du Musée lui-même